L’approche de David Laroche FR sur « préparation mentale gagnante »
David Laroche FR vient de rendre publique cette vidéo sur YouTube
à propos de « préparation mentale gagnante »:
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Lors de notre analyse récente, cette vidéo était en pleine visibilité. Le décompte de Likes indiquait: 2005.
La durée de 00:52:06 secondes et le titre RÉUSSIR grâce à la préparation mentale : Alain Bernard te partage ses CLÉS de champion Olympique sont à prendre en compte, ainsi que les informations de l’auteur et la description qui suit :« Champion des JO de Pékin en 2008, détenteur d’un record du monde au 100 mètres nage libre, Alain Bernard a tenu en haleine des millions de spectateurs lors des moments phares de sa carrière.
Dans cette interview, il nous livre des clés sur la façon de réduire son stress, augmenter sa confiance en soi, et sur toute la préparation mentale qui a accompagné son parcours de sportif de haut niveau.
Aujourd’hui il a pris sa retraite comme nageur professionnel mais reste un porte-parole inspirant pour les jeunes. Lui qui a vécu son enfance dans la timidité et les complexes, il est la preuve qu’on peut avoir un vie sans limites et à la hauteur de nos rêves, simplement en renforçant son mental et en trouvant son domaine de prédilection.
Si tu veux passer à l’action et réaliser tes rêves, télécharge gratuitement le guide des questions percutantes : https://laroche.com/questionspercu-ycWqA3
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00:00 – Introduction
04:37 – S’affranchir du regard des autres
09:26 – Accepter l’échec
16:37 – Trouver un équilibre de vie
20:22 – Une relation privilégiée avec son coach
29:37 – Son 1er record du monde
36:06 – Les Jeux Olympiques de Pékin
45:38 – Comment gérer l’adversité
David Laroche
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Implémentation dans les exercices quotidiens
Conception d’un plan de travail pour l’entraînement psychologique
Les exercices de concentration, de préparation mentale et de méditation sont intégrés dans la routine d’entraînement quotidienne. En ajoutant la continence à ces pratiques, il devient plus facile de diriger l’énergie vers les objectifs sportifs, ce qui booste la régularité et la motivation.
Contrôle et analyse des avancées
Le suivi est un élément clé pour évaluer l’impact des pratiques, telles que l’arrêt de la masturbation, sur le mental. Les athlètes notent des améliorations dans leur concentration, leur performance en compétition et leur gestion du stress, ce qui soutient leur engagement dans une préparation mentale complète.
Méthodes de renforcement psychologique
Méditation et Relaxation
La méditation et les exercices de relaxation jouent un rôle majeur dans la réduction de l’anxiété et l’amélioration du contrôle mental. En pratiquant des techniques comme la fixation d’objets attentionnels et la relaxation corporelle, les sportifs cherchent à calmer leur esprit. L’arrêt de la masturbation, couplé à ces pratiques, est souvent vu comme une méthode pour renforcer la discipline et éviter les distractions.
Imaginer l’avenir et structurer ses ambitions
La visualisation est une pratique mentale déterminante pour les sportifs. En se visualisant en pleine réussite pendant les compétitions, le sportif prépare son esprit à atteindre ses objectifs. Des objectifs spécifiques, comme l’engagement dans un régime No Fap, renforcent aussi la discipline et la détermination. En combinant la continence à une préparation psycologique rigoureuse, de nombreux athlètes constatent une amélioration notable de leur endurance, aussi bien mentale que physique.
Influence des experts sur la qualité de l’accompagnement
Intervention ciblée du psychologue pour optimiser les performances
Le psychologue du sport occupe une place clé dans le développement mental des sportifs. En aidant à repérer les obstacles émotionnels et mentaux, il peut proposer des objectifs personnalisés, tels que l’arrêt de la masturbation ou la pratique de la continence, pour optimiser la préparation mentale et les techniques de gestion émotionnelle.
Travail d’équipe avec l’entraîneur et le coach mental
La coopération entre le coach, le préparateur mental et le sportif est un facteur déterminant. Ils planifient des exercices pour renforcer la discipline et incluent des pratiques comme No Fap. Ils suivent les progrès mentaux et ajustent les stratégies pour permettre au sportif de réaliser ses objectifs.
Discipline personnelle et préparation psycologique dans la performance sportive
La maîtrise de soi par la continence pour une préparation mentale optimale
La continence et l’arrêt de la masturbation, en particulier dans le cadre du mouvement No Fap, offrent aux sportifs une approche originale pour maximiser leur potentiel. Associées à des techniques psycologiques comme la méditation, la visualisation et la gestion des émotions, elles permettent de cultiver une discipline stricte et de viser des réussites optimales. L’intégration de ces pratiques dans leur routine aide les athlètes à franchir de nouveaux paliers sur les plans physique et mental. Des prestataires se chargent d’accompagner les sportifs souhaitant intégrer la chasteté dans leur préparation mentale (voir ce site très connu chaste-t.com). La science n’a pas démontré de lien direct entre l’abstinence et les performances sportives ou mentales, mais deux éléments peuvent être retenus. D’abord, certains sportifs affirment que la chasteté a contribué à leur succès. Mike Tyson a par exemple indiqué que l’activité sexuelle avant les combats diminuait son agressivité. Ensuite, même si l’abstinence relève de la croyance, elle offre un avantage psychologique. En effet, cette pratique peut renforcer la confiance des athlètes, les motivant à se concentrer davantage sur leurs objectifs.
L’équilibre entre la préparation psychologique et la maîtrise des désirs
Base de la maîtrise des émotions et de la sérénité face au stress
Dans un contexte de compétition, la gestion du stress et des émotions est essentielle. Des techniques comme la méditation et les exercices de gestion émotionnelle permettent de maintenir une activation mentale optimale. Les athlètes adeptes de la chasteté affirment que cela les aide à garder leur calme et à rester concentrés sous pression, en maîtrisant mieux leurs impulsions et pensées.
Comment la retenue peut booster les capacités athlétiques
La préparation mentale est aussi essentielle que la préparation physique dans le sport de haut niveau, influençant directement la performance en améliorant la concentration, en régulant les émotions et en favorisant l’état de « flow ». Certaines pratiques, telles que l’arrêt de la masturbation, souvent observées dans le cadre du mouvement No Fap, sont vues par des athlètes comme un moyen de rediriger leur énergie sexuelle pour booster leur performance.
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Retranscription des paroles de la vidéo: On dit souvent que le sportif est
dans sa bulle. Mais le comédien, le chanteur, le chef d’entreprise,
il est dans sa bulle aussi. A un moment donné, tu ne peux pas écouter
tous les conseils de tout le monde. Ce n’est pas la difficulté
qui doit freiner les gens à s’investir dans quelque chose. C’est peut être
la difficulté de construction, mais ce n’est pas
parce que c’est dur physiquement, C’est dur psychologiquement
qu’on doit baisser les bras. Il faut en baver pour y arriver. Mon entraîneur, il m’a dit « Écoute, ce qui te sépare du record du monde,
c’est un centimètre par mouvement. » Tous les jours,
j’en ai fait une obsession. La meilleure préparation
pour ne pas stresser, c’est de. J’ai changé ma vie
en m’inspirant des gens qui ont poussé les limites du possible dans leur art,
leur sport, leur expertise. C’est comme si ça venait parler
au plus profond de moi pour me rappeler ce dont je suis capable, parce que je pense que c’est
tellement facile de rentrer dans son train train quotidien
et d’oublier notre potentiel. La plupart des gens
ne se rendent pas compte à quel point ça demande
un niveau d’obsession qui est dingue
pour être un athlète de haut niveau et à quel point
les milieux de haute performance dont le sport demande de gérer son mental
parce que sinon, ça ne pardonne pas. Et c’est pour ça que je suis content
d’avoir cet échange avec Alain et pouvoir rentrer avec toi dans la tête
d’un médaillé olympique. J’ai un profond respect
pour les athlètes de haut niveau et quand je vois
qu’on a de plus en plus de champions qui suivent mon compte à chaque fois,
ça me fait quelque chose. Cet épisode spécial
des interviews de sportifs, on en a plein. Mais là, j’ai demandé à Alain
qu’il nous fasse vivre quelque chose d’unique,
de vivre chaque seconde, chaque sensation, chaque émotion qu’il a ressentie
lors de l’une de ces finales olympiques. Et pas n’importe laquelle, reste bien jusqu’à la fin,
car c’est une expérience à vivre. Ça m’a mis les larmes aux yeux. C’est comme si,
pour la première fois de ma vie, et peut être la seule, j’avais
vécu de l’intérieur une finale olympique. Pour Bernard, c’est
une carrière internationale au plus haut niveau, un record du monde,
une victoire aux J.O Et moi, ce qui me touche personnellement,
c’est d’où il part. Il était timide, complexé dans sa jeunesse
et il a su se renforcer mentalement. Ce qui me touche aussi,
c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a créé l’association à but
non lucratif Paradox Foundation, qui dédie son temps pour aider des jeunes
à développer leur confiance en eux, que ce soit par le biais du sport ou non. Dans cet épisode, tu vas découvrir comment Alain arrive
à gérer son stress lors de compétitions, comment il s’est préparé mentalement
et comment il a appris à se faire confiance
et surtout comment toi aussi tu peux apprendre de ça
pour l’utiliser dans tes propres rêves. Prêt à être inspiré et à rentrer
dans la tête d’un champion olympique. Bon. Je l’un des premiers souvenirs les plus probants j’ai peut être quatorze
ans, je fais une compétition. C’était à Aix en Provence. Je m’en souviens très, très bien
et il y avait un peu d’enjeu par rapport à l’entrainement
que je venais de faire avant. Et en fait, j’ai eu un mal de ventre en milieu de journée parce que je stressé
tellement de ma course le soir. Je voulais tellement bien faire. Je voulais tellement montrer à
mon entraîneur, à mes parents, à mes amis qui étaient là que je voulais bien faire. Et bien que finalement, j’ai dû déclarer
forfait l’après 12 h parce que je me suis rendu malade
à un moment donné. Un jour, j’ai
un genre de déclic en étant à domicile, Je viens de me qualifier
sur ma première équipe de France. J’ai déjà 23 ans, tu vois et j’ai encore
ces phases de stress quand même. Et donc cette période là, c’est la période
Laure Manaudou qui plonge, qui nage, qui bat des records,
qui gagne, qui revient avec des médailles, Je dis mais comment est ce que tu fais
en sorte pour enchaîner courses,
mais pour pas stresser ? Et en fait, elle me dit J’arrive derrière le plonge, j’entends
la musique de présentation des nageuses et des nageurs. J’ai envie de danser. Je dis mais comment ça
t’as envie de danser ? Il faut nager. Et là, je dis en fait,
elle a vraiment ce recul en disant Mais tout ce que tu fais à l’entraînement tous les jours
x années, qu’il fasse beau, qui pleuvent, qu’il y ait du vent qui fasse nuit,
que tu nages dehors, et cetera Mais c’est pour vivre un moment derrière
un plateau de départ, sur une course, donc à un moment donné, ça doit pas te rendre malade
de faire tout ça parce que tu l’as choisi. Tu vois et c’était ma façon
à moi de dire Ah ouais ? OK, je vais essayer d’aller un petit peu
en dilettante, de lâcher la pression parce que je sais qu’au fond de moi,
je suis carré, je suis professionnel et je suis méticuleux. Donc une course de natation,
comme un match de tennis, comme un match de foot,
ça reste une création. À un moment donné,
il faut une part d’instinct. Il faut une part de légèreté. Il faut une part de fluidité. Si on n’a pas cette fluidité, si on n’a
pas cette création, cette spontanéité, on est enfermé dans ce carcan
et on ne peut pas performer. Si tu fais pas bien et tu ne fais pas
bien, il faudrait juste savoir d’où ça vient et c’est vraiment
ça sert de décomplexer à ce moment là. En tout cas, moi là,
je suis vraiment très content de pouvoir
passer un peu de temps avec toi. Ton histoire, elle m’inspire. Ça m’intéresse
de dire qu’on démarre là dessus. Moi, la timidité, le manque de confiance,
c’est un sujet qui me tient très à cœur. J’étais mal dans ma peau,
complexé par mon audience, le sais. Mais ça m’intéresse que tu racontes
un petit peu que les jeunes étaient en fait. Quel jeune était alors ? J’étais plutôt
je ne peux pas dire un jeune solitaire, quoique jusqu’à un certain âge,
ce que j’ai, je pense que c’est on a toutes
et tous une histoire qui, très singulière. Et c’est ça qui est fascinant
dans le monde dans lequel on vit. Voilà,
on peut voir des chefs d’entreprise, on peut voir des personnes
réussir ou des champions sportifs. On se dit tiens, tout est facile,
tout est beau, tout est rose pour eux, mais ce n’est pas le cas. Néanmoins,
je me plains pas du tout. J’ai deux grandes sœurs qui ont six ans,
ne vendent plus que moi. En fait, souvent, elles ont joué ensemble, où
elles sortaient ensemble avec leurs amis, leurs copains, et cetera Et moi, j’étais,
entre guillemets, un peu délaissés. Je faisais ma petite vie tout seul,
mais je n’en ai jamais vraiment, jamais souffert. Aucunement. Et au contraire, le fait de faire du sport
là où je me sentais pas bien, c’était à partir du collège
jusqu’à l’école primaire, et cetera J’avais de très bonnes notes,
c’était très bien classé et quand on est arrivé au collège,
en fait, j’arrivais dans cet écosystème
où je ne suis pas du tout senti bien. Et mon échappatoire, c’était le sport. Tous les soirs, j’allais m’entraîner,
j’allais nager, je retrouvais mes copains. C’est déjà la natation. C’était déjà la natation parce que
j’ai appris à nager très jeune et du coup, très bien. J’ai commencé à faire les premiers
entraînements réguliers assez tôt. Donc finalement,
cette soupape de décompression, je l’ai eue à travers le sport.
Et c’est complètement paradoxal parce qu’on se retrouvait
quasi à poil en maillot. Je dirais même physiquement.
Je n’aimait pas bien. C’était dur pour toi. Début ? Non, parce que l’environnement
dans lequel j’évoluais finalement, tout le monde était comme ça. Et il y en a qui étaient plus grandes,
plus minces, d’autres
plus, d’autres plus gros, d’autres voilà. Il y a de tout, comme sophrologie. Et en fait, je me sentais super bien
dans cet écosystème. Alors que, à l’école, au collège, en fait,
je me sentais observé, épié, traqué, et cetera On. Te faisait des remarques sur ton corps ? Ben oui, parce que je faisais une tête
de plus que tout le monde en fait, au même âge. Et donc tu vois, ça n’aide pas. Quand t’es timide, non seulement à assumer, tu te portez bien
droit de bomber le torse. Ça ne veut pas dire
je bombe le torse pour bomber le torse. Mais t’as les tendances. Il y a plein de gens qui sont grands,
qui ont tendance à se rabaisser. C’est ça, tu sais les épaules qui rentrent
et puis pour essayer deux mètres et en fait tu vas. Juste,
tu ne vois pas quoi en. Réfléchissant, tu dis mais je,
je me descends que de deux centimètres. C’est complètement ridicule parce que
tu es grand bien, tu restes grand et. Inconsciemment, envoie un peu un signal de
je ne suis pas dangereux, je suis. Moi, c’est ça,
mais non seulement de pas dangereux, mais de dire
en fait je suis comme vous en fait. Donc pourquoi est ce que vous me regarder
différemment ? Et cetera
Donc je pense que ces expériences là, ces sensations que l’on vit à ces âges là,
vont aussi conditionner tout notre, tout notre avenir
et toute notre sensibilité. Si aujourd’hui tu vois, je suis très sensible aux personnes
en situation de handicap, et cetera c’est que je n’étais pas du tout
en situation de handicap. Mais je peux presque imaginer me projeter
de ce qu’ils peuvent ressentir. Tu vois une personne en fauteuil roulant,
une personne qui vit un accident de la vie, qui est amputé, etc et subissent encore et toujours
des regards très compliqués. Aujourd’hui, même si ça a beaucoup évolué
en 20 ans, le. Finalement, j’ai l’impression d’avoir
presque vécu ce qu’ils peuvent ressentir. Donc c’est pour ça que je pense que ça
m’a développé cette hypersensibilité sur ces différences. Parce que de toute façon,
qu’on le veuille ou non, on est tous différents et c’est ça
qui est fascinant. Et c’est intéressant parce que ça se sent
la sensibilité que tu as. Et c’est comme si on avait un cliché
un petit peu du A du champion olympique, qui est une armure métallique, qui est une machine
qui n’a pas d’émotions. Et voilà comment, tentant
Quand je t’écoute, je sens l’humain, la sensibilité qu’il y a. Quelle influence a eu cette sensibilité
dans ta carrière de champion ? C’était un frein, Ça a été un tremplin. Ça a été les deux. Comment ça a commencé à aider ? Moi, je pense que ça a été. Ça a été un frein au début
parce que quand on est hypersensible, on prend tout un peu au pied de la lettre.
Et puis on est. On est très vite ému ou désemparé
quand il y a quelque chose qui ne se passe pas comme prévu. Et finalement, je ne peux pas le regretter
parce que je crois que émotionnellement, on vit des choses
à travers du sport de haut niveau. Et ce type de résultat. T’imagines quand à des médailles,
des records, des Marseillaise, et cetera C’est un sentiment de fierté qui décuplée. Donc oui, parfois cette sensibilité
m’a joué des tours parce que dans l’émotion,
je n’ai pas réussi à réagir ou j’ai été submergé
et j’en étais presque désemparé. À un moment comme ça, où justement,
tu démarres, stressé, je parle, je ne parle pas de la course,
de l’avant course. Tu sens que tu es
stressé et que tu as réussi à le descendre. Carrément en étant 2010. Championnats d’Europe de Budapest. La préparation terminale ne se passe pas
très bien. Je suis crispé les derniers jours,
j’ai du mal à me libérer parce que je me sens aussi cette pression,
un peu, presque la fin de carrière. Je sais que si je loupe cette marche là, je vais probablement pas terminer
ma carrière aux Jeux olympiques de Londres,
comme je l’anticipe. C’est dur pour un sportif
de trouver cette pression de l’âge. En fait,
notre corps, c’est notre outil de travail. Donc au plus on prend de l’âge, au plus
il est un peu rouillé, enroué, il faut. Voilà, On n’est plus aussi performant
à 30 ans qu’à 20 ans. Donc on est en 2010 à Budapest. Championnats d’Europe. Je passe le cap
des séries, des demi finales. Je me sens vraiment pas bien,
je me torture l’esprit. Je dors pas depuis trois jours. Je ne sais pas comment
je vais gérer cette finale. Franchement, je me dis
je vais jamais y arriver. Et là, mon entraîneur,
juste avant de partir, tu sais, dans la chambre d’appel,
c’est cette pièce où on se rassemble tous les nageurs
avant d’arriver dans l’eau. Entraîneur Denis Auguin vient me voir. Il me dit Alain, c’est pas compliqué,
tu plonge, tu Nash, tu gagnes. Le premier réflexe, c’est de dire
Mais attends, tu vois pas que ça fait trois jours
que j’essaie de réfléchir à ça ? Comment est ce que je peux faire ? Et en fait en trois mots,
Mais vraiment, je pense que, au lieu de lui répliquer,
ça lui rétorquer Mais tu ne vois pas, je n’arrive pas,
je ne trouve pas la solution. Je lui réponds carrément et je lui fais un clin d’œil. Et je pars à la chambre d’appel. Et là, je fais ma course jusqu’à l’arrivée. Et la victoire aux points ? Oui. Et je gagne pour 2/100 de secondes
devant le deuxième. Donc ce qui est génial dans cette histoire
à ce moment là, ça fait quand même douze treize ans qui m’entraîne,
donc on se connaît très très bien. Il a su qu’il fallait trois mots
tu plonge, une hache, tu gagnes. Donc voilà, le moment où j’étais
très stressé. J’ai réussi à relâcher la pression. Et de dire Bah oui. On fait simple, il faut. Juste
que je fasse ce que je sais faire. Ouais, ça j’aime beaucoup et je recrute. On en avait parlé justement
dans la foulée, On avait pu échanger. C’était ce truc de se dire Mais en fait,
le jour de la compétition, finalement, je vais faire uniquement ce que j’ai fait
des centaines de fois auparavant. C’est ça. Je pense que la meilleure,
la meilleure préparation, enfin, pour ne pas stresser, c’est de travailler
efficacement tous les jours. Moi, c’est tombé à l’inverse,
c’est marrant parce que je dis ce que j’aurais aimé
faire, mais j’ai eu du mal parfois, je faisais tellement bien tous les jours
que j’en attendait énormément. Le jour J, tu vois de la compétition et
finalement, il fallait que je déstresse. À ce moment là, quelqu’un qui ne travaille pas
bien, qui n’arrive pas au bon horaire, qui gère pas ses projets,
son timing, et cetera Le jour où il faut rendre le truc devant le boss, et cetera,
il a tous les arguments pour stresser. Tu vois, par contre s’il
fait toutes les choses bien, il n’y a pas de raison que le jour-J
ça ne passe pas bien. Et encore une fois l’erreur est humaine
et c’est de ses erreurs. C’est de ces échecs que l’on grandit,
que l’on évite de les reproduire, etc. On veut tellement vivre
dans un monde parfait où tout va bien ou à travers les réseaux, tout ce qu’on
voit, tout est parfait, tout est nickel. Sauf qu’on
a envie de renvoyer cette image. Mais je peux aussi t’assurer
que même les plus grands Instagram, influenceurs, et cetera ils ont forcément
des moments de passage à vide. Les sportifs de haut niveau,
c’est exactement le cas. Les chefs d’entreprise, c’est le cas. Tout le monde a des passages à vide
maintenant. Moi, j’ai l’impression d’aujourd’hui,
quand j’ai des passages à vide, d’être peut être plus armés que si je n’avais pas
fait du sport de haut niveau parce que j’étais tellement allé
dans mes retranchements jour après jour. Pendant des années, des années,
et que je pense pouvoir gérer un peu mieux
une situation inconfortable aujourd’hui. Que quelqu’un qui n’a pas vécu ça, ça ne veut pas dire que tout est rose,
Tout est beau tous les jours. Pour moi et tu as des souvenirs un peu symboliques
pour toi auxquels tu te raccroche. Tu appuies tu maintenant
pour te dire à temps ? En fait, j’ai pu faire ça,
je peux faire ce truc là. Ouah ! Mais tout est une question d’envie et d’engagement. Je sais que j’étais capable de faire ça dans le sport
parce que je me suis engagé à 100 %. Aujourd’hui, je ne vais pas risquer de
de faire des projets complètement fous parce que je m’en sent pas l’énergie
et j’en ai pas envie. Je pense que ce n’est pas le bon timing
qui est une question d’organisation aussi, dans notre vie, personne,
Elle est professionnelle à agencer. Je suis à un moment de ma vie
où je ne peux pas me dédier à 100 % dans mon travail. Voilà, j’ai
décidé de dédier un petit peu plus à ma famille, mes amis, à mes proches,
à ma femme, à ma fille. Et le temps viendra peut être. Si je m’engage dans un projet,
je m’engage pleinement, donc je ne peux pas espérer
avoir des attentes professionnelles si en face,
je ne me met pas les moyens au quotidien. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas
rigoureux dans ce que je fais. Au contraire, il y a un temps pour tout,
un temps pour le travail, un temps pour la détente,
un temps pour la famille. Trop bien, c’est clair. Et en plus,
la vie d’un sportif de haut niveau a eu tellement d’intensité
pendant des années. Ça fait sens d’avoir envie d’aller
explorer à d’autres choses. Mais en fait, ça fait sens. Mais je connais un peu le coût énergétique
que cela engendre parce qu’entre nous, j’ai beau
essayer de l’expliquer, je pense qu’on est en étroit a pouvoir comprendre comment est ce qu’on
en a bavé tous les jours. C’est Denis,
mon entraîneur Denis Auguin, Boris Timothy
qui était mon partenaire d’entraînement à Antibes, avec qui j’ai fait
les Jeux Olympiques en 2008 dans le roller et moi en fait,
on en été ce trio, même si on évoluait dans un groupe à l’entraînement,
dans une structure de haut niveau. Moi, je partageais ma vie à l’époque
avec une athlète de très haut niveau et je pense que même elle, à ce moment là,
n’étais pas capable de ressentir la difficulté,
la détresse, parfois, dans laquelle je me trouvais
alors que j’étais recordman du monde. Champion olympique. C’était quoi la source de la plus grosse
détresse pour toi à cette époque là ? Je pense était de me dire
je n’arriverai jamais. J’arriverai
jamais à atteindre cet objectif là, à la fin de l’année,
d’être champion du monde ou d’être champion d’Europe ou d’être
premier à telle course, et cetera. Et pour essayer de bien te ressentir, ressentir ce que tu dis,
Qu’est ce qui crée le plus de détresse ? Je pense que c’est l’incompréhension. C’est à dire que ce qu’on ressent
physiquement à l’entraînement, la fatigue, la fatigue nerveuse, la fatigue physique,
la fatigue psychologique, le débordement d’informations
que notre entraîneur nous envoie, les exercices que l’on n’arrive
pas à faire. Donc on vit ça comme un échec. Et finalement,
quand on réussit à faire quelque chose, on se dit j’aurais pu faire mieux,
j’imagine. Il m’a demandé de faire dix poissons
en une minute. Eh bien oui, en effet, 9 à 59 secondes. Et puis le dernier, j’ai fait une minute
zéro un. C’est un échec maintenant. Sauf que t’as fait 90 % du travail
qui est bon et c’est de voir en fait l’échec et le truc dans chaque truc
que je fais qui me dit mais. Tu te focaliser
uniquement sur ce que tu ratais ? J’avais l’impression de ne pas y arriver
malgré les malgré les. Donc ça, c’est très difficile à expliquer,
non seulement aux personnes extérieures au monde du sport,
mais même au sein même de notre sport, parce qu’il y a que nous ressentons
ce qu’on fait et en fait le truc, ça a été dire ok, arrête,
arrête de te torturer l’esprit, quoi ! Enfin, si t’as fait ça,
c’est déjà que tu l’as fait. Il y en a plein
d’autres qui ne l’ont pas fait. Donc essaie de voir le verre
à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. En fait. Comment c’était la ? Parce que dans le sport de haut niveau,
il y a non seulement la tentation, potentiellement,
de se comparer à d’autres sportifs, il y a les médias qui qui en rajoute
une couche. C’était comment pour toi
la comparaison avec les autres sportifs ? Ce n’est pas à moi de juger ma comparaison
avec les autres sportifs en termes de notoriété, de visibilité,
et cetera Moi, j’ai fait de la natation depuis tout petit parce que j’aimais ça,
parce que j’aimais progresser. J’ai pu me fixer un objectif
et ce qui me donnait tous les jours de la semaine ou du mois
et des petites choses à faire. J’avais des petites choses à faire
le soir, à l’entraînement. J’avais des petites choses à faire. Quand j’ai commencé à m’entraîner
deux fois par jour et le matin et le soir. Donc il fallait que je sois rigoureux. Et finalement, ça, ça a conditionné
mon train de vie, mon équilibre. Et puis, quand il y a eu
cette explosion médiatique en 2007 2008, j’ai vu ça d’un côté comme une aubaine
en me disant Oh, mais c’est cool parce que je vais enfin commencer
à bien gagner ma vie, ne serait ce qu’à gagner
ma vie tout court, mais à bien gagner ma vie
alors que pendant dix ans, j’ai galéré. Ça, je ne veux pas me leurrer. C’est aussi un
une satisfaction de la réussite. Mais le revers de la médaille, c’est
qu’on va m’attendre au tournant à chaque compétition. Quand je vais dans la rue,
quand je vais faire mes courses un jour au restaurant, on me reconnaît,
et cetera C’est gratifiant, mais à un moment donné, j’ai moins de vie privée,
j’ai moins de moments perso, et cetera alors que j’aime bien passer incognito,
et cetera Donc finalement c’est
la gestion de tout ça et je parler des revenus de mes partenaires,
des sponsors que je signe, et cetera Ils me demandent des sollicitations
une fois, deux fois, trois fois dans le mois, dans l’année,
peu importe, et cetera Et de l’autre côté, mon entraîneur veut pas me lâcher
un entraînement. On s’entraîne dix fois, 2 h par semaine dans l’eau, on fait trois séances
de 1 h 30 de musculation. Il y a le ostéo, il y a le kiné, il y a la prépa physique,
il y a tout ça à mélanger. Donc le temps libre pour faire ses interviews,
ses shooting photo, ses pubs, et cetera. C’était dur pour toi
d’arbitrer entre les deux ? C’était impossible. Enfin, oui, je l’ai très très mal vécu ça. Et ça a été très compliqué avec mon
entraîneur parce que lui, il était dans. Son rôle au sommet de la notoriété. En un an, je me rends pas compte un deal. Financièrement,
ça peut représenter combien ? Une opportunité,
ça peut présenter combien ? C’est dérisoire comparé au monde du foot. C’est extraordinaire comparé à d’autres sports amateurs,
mais plus centré en quoi que ce soit. Et il peut y avoir un contrat d’image
à entre 80 et 100 000 € l’année pour une marque. Et qui va te prendre combien de temps ? Eh bien en soi ça prend pas beaucoup,
mais c’est ça plus ça, plus ça. Cette marque peut être va me prendre,
je ne sais pas. Six jours, huit, huit jours, dix
jours dans l’année, mais c’est dix jours. Où ta journée dans l’eau. Elle commence à 7 h,
elle finit à 10 h et demie, 11 h le matin et tu reprends à 2 h et demie
3 h pour finir à 18 h. Donc tu vois cette plage là ? Une a mangé ta fille ?
Mi grossesse de 20 minutes. Il te reste pas beaucoup de temps. Donc En fait, ce que je faisais souvent, c’est
que le mercredi après 12 h, c’était la. Journée. Du jour de repos
et des fois je sortais de l’entraînement. 11 h, je filé l’aéroport,
je prenais un avion, je faisais des interviews, des médias,
des trucs, des shooting, et cetera Je rentrais le soir à 23 h
et le lendemain repartaient 140 comme si de rien n’était. Et sauf que mes collègues d’entraînement,
eux, se sont reposés. Ils ont fait une bouffe,
sont allés au cinéma. Donc finalement,
je n’ai pas le droit de me plaindre parce que encore une fois, je gagne
très bien ma vie à ce moment là et ça fait partie du deal. Mais de l’autre côté, j’ai un entraîneur qui est dans son rôle,
son rôle, c’est que moi, je progresse, c’est
que je continue de progresser et donc trouver cet équilibre. C’est là où j’ai eu un avocat,
un agent qui ont fait un petit peu tampon et que les deux dernières années,
on a travaillé avec un préparateur mental pour m’aider à mettre de l’ordre
dans toutes ces cases. En fait, c’est
un peu comme ça me fait marrer, mais je vois ce meuble là derrière,
c’est des cases dans ma tête et des fois, il y a des trucs qui sont trop plein,
des trucs qui sont trop vite. C’est bien répartir
et prioriser les tâches, et cetera. Comment il était aidé de son préparateur
mental ? C’était quoi qui était le plus aidant ? Raconte une autre type. En fait, ce qui est bien, c’est qu’il
y me voyait individuellement le préparateur mental et voyez individuellement mon entraîneur
parce qu’en fait, on avait de plus en plus de mal
à communiquer. On voulait aussi tellement bien faire
dans nos tâches respectives que pour dire la même chose,
on ne parlait plus le même langage. Et en fait, notre préparateur
mental nous a un peu servi. Je vulgarise, mais il nous a un peu
servi de traducteur, en fait, en disant
Mais Alain, il faut que tu sois bon. Oui mais Denis, moi je suis fatigué. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit. J’ai fait ça, j’ai la fatigue nerveuse,
et cetera Et donc mon préparateur mental me faisait faire ses pas
et des dessins, il me faisait ailleurs, Je les ai retrouvé dans mon déménagement. C’est génial. En fait,
qu’est ce que tu aimerait faire ? Me faire extérioriser
des choses positives ? Dans quel endroit tu te sens bien ? Là, je repense à un endroit
dans la nature, dans les Hautes Alpes que j’adore. J’avais fait un pique nique
avec ma famille, j’avais vu un grand arbre
dans une prairie. Pour moi,
c’était le sentiment de bien être absolu. Il avait décidé. Que je le dessiner. Le réutiliser dans le quotidien des soins,
je le réutiliser pas. Mais le fait de l’avoir mis à plat,
que ce soit oralement ou ou par des dessins, en fait, ça me rappelait
cette sensation que j’avais ce jour là. J’avais les odeurs, j’avais la lumière,
tu vois, j’avais les sons, et cetera C’était extraordinaire. Et ça, par exemple,
la veille d’une compétition où l’idée. C’est de s’en servir pour l’utiliser. L’idée,
c’est de se servir de cette image là et en même temps de me dire Mais dans le monde où je suis,
je suis tellement stressé tout que j’aimerais trop
être à cet endroit là. Et du coup, je me disais bon, allez, en guise de récompense,
tu dois faire une bonne course, rajouter de la pression pour aller
profiter de cette tente pour y aller. Donc en fait, oui, ça m’a. Ça nous a déjà beaucoup aidé. Entre mon entraîneur et moi et moi,
ça m’a beaucoup aidé en disant écoute tout façon,
tout ce que t’as fait, c’est déjà génial. Maintenant, c’est que du bonus. T’as déjà fait une olympiade,
t’as déjà fait des records du monde ? Donc oui, il te reste
deux ou trois ans à tirer. Il faut tout faire pour aller
connaître ces Jeux Olympiques de Londres. Parce que terminer sa carrière sur des Jeux olympiques,
c’est quelque chose d’extraordinaire. Voilà ce que je souhaite à tout le monde
et qui plus est sur une médaille d’or en équipe, et cetera Qui Pour moi, l’équipe
m’a permis d’intégrer l’équipe de France. La boucle a été bouclée. Il y avait une nouvelle génération
qui arrivait. Je pouvais partir
complètement serein, quoi ? Raconte justement la veille Où. J’ai entendu. Je pense que ça, c’est un exemple extrême de préparation mentale
avec Phelps, je crois. Alors
je ne sais pas à quel point c’est romancé. Mais est ce qu’il
avait beaucoup de stress, je crois. Quand il était enfant. Il était surtout hyperactif.
Michael Phelps. Ses parents l’ont inscrit à la natation
puisque c’est un des sports les. Je ne veux pas dénigrer les autres sports,
loin de là. Je ne connais pas, mais c’est un sport
qui est très énergivore, la natation, parce qu’on est dans l’eau,
que si on se met dans l’eau sans bouger, on dépense des calories sans rien faire
parce qu’il y a un échange thermique, et cetera Donc en plus,
on rajoute de l’effort et ça ça nécessite. Ouais, ça nécessite d être tout le temps,
tout le temps disponible et cetera. À quoi donc
ça peut jouer sur la fatigue nerveuse ? Et et quand tout le monde l’a déjà vécu,
Quand on est fatigué, quand on est épuisé, on a plus de recul,
on fait des tâches de manière entre guillemets automatique
et c’est pour ça que la natation, entre guillemets,
c’est aussi rébarbatif au quotidien. On s’entraîne deux fois par jour
pour que le jour de la compétition, on n’est pas à penser à rentrer nos mains
comme ça, notre coude allongé, notre bras, notre épaule, tourner la tête
pour respirer totalement automatiquement. En fait, c’est ancré des automatismes et donc ça nécessite
un entraînement quotidien. Mais des fois,
dans cet entraînement quotidien, on n’a plus de raisonnement rationnel,
quoi. A un moment donné, on est, on est usés,
on est usé en 2 h le matin en Rhône-Alpes, 2 h le soir, le lendemain matin,
le demain soir donc. C’est pour ça
que le cas de Michael Phelps, le fait qu’il soit hyperactif,
ça l’a canaliser. Ça l’a permis de se sublimer
dans ce sport. Je sais qu’en donner,
je crois qu’il mène un bouquin sur un peu l’autohypnose
et il va créer un concept de cassette. Et après ? Je crois que c’est un truc qui va faire très souvent
de visualiser une scène, je ne sais plus. Et puis les détails arrivent, ça. Vient,
mais ça, c’est encore une fois. C’est une méthode qui lui est propre à lui
et c’est ça qui est génial. S’il avait été avec moi
ou avec Frédérick Bousquet ou avec Laure Manaudou, peut être ça
l’aurait branché. Et je pense qu’il a trouvé nos clés
qui nous correspondent à un moment donné. Et donc c’est ça que je voulais voir. Qu’est ce qui a marché pour toi ? La veille, j’aimerais, mais moi, un peu dans ta dans ta peau
et dans ta tête à certains moments. Le fait d’écouter de la musique,
et cetera c’était ça suffisait. Mon petit truc, c’est
quand j’arrivais sur une compétition. Je ne connaissais pas les lieux, Je m’asseyais dans les gradins, en fait
la toute première fois à la piscine et j’observais à gauche, à droite,
je m’imprégner de cette ambiance et j’essaie de faire comme à la maison,
c’est à dire me sentir bien, essayer de plutôt
que d’arriver, de passer par un endroit et regarder de manière un peu furtive
quelque chose où Je me sens un peu épié. Ouais, c’est clair. Ou ça me ramène dans ma période d’ado
en me disant à pied, là je suis observé, et cetera en même temps
et tout. Tu te l’approprie avant. En fait, c’était une des choses qui fonctionnait bien,
c’était de m’approprier cet environnement. Ça, ça me parle à fond. Même moi,
je vois que des fois, pour une conférence qui va me stresser, le fait d’aller
dans le lieu avant voir la salle, ça ça évite que le cerveau limbique se mette
en mode stress au moment où tu rentres. C’est ça, tu te dis tout cela vide
où tu assiste à la salle, enfin à quelque chose
quand la salle est pleine. Moi, idéalement vide, ça me permet d’être serein, il n’y a pas d’enjeu. Ce qui est génial, c’est c’est le sentiment de l’inconnu en fait,
qui nous permet d’appréhender. C’est pour ça que les souvenirs,
les ancrages que l’on peut créer ou auxquels on peut
se raccrocher, c’est forcément au passé. Ce sont des images,
ce sont des sensations, tandis que ce qu’on fait là,
ce qu’on va faire demain, après demain, c’est quelque chose d’inconnu. Et c’est
là où cet excès de confiance en soi. Mais c’est pas grave une interview,
j’en ai déjà fait des conférences, On a déjà fait une course dans un bassin,
j’ai déjà fait et ça ne veut pas dire qu’on en a acquis pour toute une vie
parce que on évolue, on grandit. On a cette sensibilité aussi qui évolue
et parfois on est moins performant et ça, c’est assez difficile à accepter. Quand on a, on a le souci du détail,
on ne veut pas rater quoi que ce soit. Moi, je sors d’une conférence comme je
sortais d’un entraînement, d’une course. Eh bien, je ne suis pas content. Je me suis dit j’ai pas été bon. D’autres fois, je me dis je pense avoir
été bon et on me dit a été pas trop bon, donc finalement de cas subjectifs. Et voilà. Donc toute là, c’est pas comme une course, il n’y a pas un chrono qui qui objective. Tout le monde est d’accord sur un chrono.
C’est ça le chrono. Et c’est pour ça que j’ai aimé
ce sport. D’ailleurs, on en a pas parlé. Mais pourquoi j’ai aimé la natation ?
Parce que c’est hyper rationnel. C’est le premier qui touche au mur
qui gagne. C’est pas une question de jury qui
va mettre, c’est pas comme le six quatre. Le patinage artistique. Ou la. Danse a. Des trucs comme ça. Où tu dis n’admettant mettant a été
trop fort, est ce que tu nous fais là ? Et ça je pense que j’aurais pas supporté. Donc c’est quelque chose aussi qui
m’a donné envie de m’engager là dessus. Maintenant, il y en a d’autres qui qui aiment les choses de notations
et qui veulent essayer de moi. J’aurais pu faire. Pareil. Ça aurait été horrible de devoir être. Sur une conférence à la fin. Si on devait avoir une note, tu dis. J’aimerais oui, c’est une bonne question,
mais par exemple, alors la limite, c’est tout le monde. C’est différent d’un jury
pour moi, je. Pense, oui, c’est vrai. Je pense que c’est
un peu plus représentatif, une assemblée. Mais voilà. Il y a un côté un peu plus objectif
dans le fait que ça soit plus large. Mais par exemple,
si j’avais quatre là, je détesterais. Il y avait quatre experts
en prises de paroles ou sur mon sujet qui aiment évaluer la fin.
Je pense que je déteste ça. Et pourtant, il y aura des choses
bien à tirer, forcément. Mais c’est sûr que de base,
c’est moins le truc qui me. Parce que justement, le fait d’être,
ce n’est pas pareil d’avoir un feedback, ça,
j’apprécierais d’avoir un feedback. Mais quand il y a une évaluation faite
par des personnes, par des pairs, du. Coup, c’est stressant. Ça voudrait dire qu’il y a un coup en fait,
et ça peut même tronquer notre échange. En fait, s’il y a quelqu’un
qui est à côté, qui nous juge à la fin et c’est pour ça que, en fait, il faut en
être conscient de cet environnement, mais on ne peut pas en faire
notre abstraction totalement. On dit souvent
le sportif est dans sa bulle, et cetera Mais le comédien, le chanteur, le chef
d’entreprise, il est dans sa bulle aussi. A un moment donné, tu ne peux pas écouter
tous les conseils de tout le monde. Il faut que tu choisisse entre entre blanc ou noir,
A ou B pour être serein avec toi même. Parce que si tu te dis, je choisis A,
puis en fait l’autre qui m’a parlé de B. Mais alors, c’est vrai,
si je l’avais écouté, qu’est ce que j’ai en fait
tout ce temps de réflexion là ? Il n’est pas dédié à un temps personnel
de se dire OK, j’ai choisi. Et puis je vais faire
comme si je vais faire comme ça. Je vais dérouler mon truc. Ça ne veut pas dire que j’ai raison ou tort,
mais au moins je suis serein avec moi même et je parlais tout à l’heure de Twitter,
de cette fluidité. Enfin, je sais pas
libérer un peu les chakras, Voilà faire qu’entre l’intention et la réalisation,
il y a moins d’obstacles possibles. Et dans ma carrière, c’est des moments comme ça que je retiens,
qui sont extraordinaires. Où quand je nage, des fois, j’ai presque
l’impression d’être spectateur de moi même en me disant en retard,
tu arrives à faire ça m’a dit essaie de faire ça,
d’allonger un peu plus le bras. Ça marche tout de suite,
alors que des fois, j’étais bloqué. L’effort à faire ça. OK, oui, mais t’as oublié de pousser fort
derrière, et cetera. Qu’est ce qui a permis de rentrer
dans ce que tu ça du flot ? Ouais, on peut l’appeler Duflot,
je sais pas, mais c’est moi. Je pense qu’il y a des moments aussi dans et dans des vies comme ça ou
quand tu travailles au bout d’un moment. Et je prends souvent cet exemple. Quand j’ai battu
mon premier record du monde à Eindhoven en 2008, depuis des années, j’avais plein de petites pièces de puzzle
en 3D et en fait, j’ai réussi. Enfin, ce jour là à bien les emboîter,
à bien assembler tout ça. J’avais plein de petites compétences,
mais qui est un peu désordonné. Et pourquoi à ce moment là, comme ça,
maintenant, dans cet endroit ? A ce temps là, j’arrive à faire ça. Je ne saurais pas le dire parce que je
sais, je courais après depuis des années. En fait, pourquoi à ce moment là,
je fais ça et finalement je fais. J’ai l’impression de faire un plus bel
édifice parce que je suis plus armé. Si j’avais fait mes trois
petits bouts de briques, je ne sais pas cinq ans ou dix ans avant,
j’aurais été fier de ce petit truc. Mais là, c’est quand même
un record du monde. Et je me disais c’est beaucoup, beaucoup,
beaucoup de travail et en même temps,
ça n’a jamais été aussi facile. C’était commun d’avoir ce record du monde. C’est quoi le moment qui
est le plus fort pour toi à ce moment là. Et à un moment un peu surréaliste et à
un autre moment où je me dis enfin quoi ! Enfin, enfin, parce que. Tu, tu déjà, tu le sais
quand tu as fait le record du monde. En fait. C’est vraiment au moment
où on touche le mur et en fait on se retourne
et on voit sur le panneau d’affichage notre nom,
notre ligne et le chrono en face. Et en fait, à ce moment là,
il y a tout en haut du tableau. Sur chacune des courses, il y a le temps de référence
du record du monde de la course concernée. Donc moi c’était 47 84. Le record du monde de Peter Van den
Hoogenband, de Le Hollandais à l’époque était double champion olympique
et en dessous, je vois mon temps. 47 60. Là, je dis mais attends, mais c’est quoi
qui est plus grand ? C’est 65 84. Alors moi j’ai fait
84, lui fait 60 ou c’est moi à temps. Je dis et puis là, en fait je réalise. Mais c’est un truc de dingue. Et j’entends l’euphorie de la piscine. Et tu vois ça combinaison avec une petite. Et à ce moment là, tu arrives à voir des visages,
tu vois des t’es trop loin, tu vois ? Oui, je vois les visages,
on voit le clan français. Non, mais ce qui est génial, c’est
que si je bat le record du monde chez lui à Eindhoven, où il y a que des spectateurs
hollandais mais qui applaudissent, enfin tu vois et je me dis
et c’est des moments extraordinaires. Et encore une fois,
c’est un moment hyper facile. Mais parce qu’avant ça,
il y a eu des moments hyper compliqués. Ça c’est intéressant,
ça s’applique à tellement de sujets. Tu crois que tu galères ? Tu galères ? Michaëlis à chercheur sur le flow
et donc le flow. Ça arrive au croisement de t’as rassemblé,
comme tu disais, toutes les compétences dont tu avais besoin et en même temps
à un challenge qui est vraiment élevé mais pas trop élevé,
qui est la bonne dose par. Rapport à ce qui est trop élevé, qui n’arrivera jamais et en même temps
Ah oui, non, mais c’est exactement ça. Et il dit souvent à une phase
un peu de struggle with où tu galères et il y a un truc qui lache, un peu
comme la personne qui à sa feuille blanche et qui arrive pas. Il y arrive pas. Il y avait pas mal à les compétences et d’un coup boum le truc qui lache
et elle rentre dans un forme de flow quoi. Je pense que l’une des erreurs
en fait ce serait d’aller le chercher volontairement ce flow en fait. Et à chaque fois
on vient un ancien champion de très très haut niveau,
un nageur de très haut niveau qui s’appelle Alexander Popov,
qui était le prédécesseur recordman du monde à l’époque
et qui disait qu’un record, ça soit un record personnel ou un record du monde,
ça doit tomber comme un fruit mûr. Et ça, ça m’a maso. Ça a souvent résonné. Je dis ça, ça arrive à ce moment là. Si ça arrive trop tôt,
ça veut dire que c’est pas abouti. Mais en fait, tu cherches pas le record. Tu cherches à être le meilleur
à ton entraînement, à faire le max que tu peux au bout d’un an à force
de cumuler ça et tu fais un record. Moi je ne l’ai pas fait,
j’ai pas fait d’obsession de ce record. En fait, j’ai juste raconter une anecdote
parce que c’est quand même quand même génial celle là. C’est qu’en 2007, donc l’année
juste avant ce record du monde, je nage de 48 douze qui est le meilleur,
le deuxième meilleur temps qui n’ait jamais été fait
à ce moment là au monde. 48 douze sur 100 mètres
nage libre se passe l’été. On a trois ou quatre semaines de vacances,
on fait la reprise. Et toi, avec mon entraîneur. Et puis là, j’ai aimé Écoute Denis, Je me revois tout
gamin où j’apprends à nager et t’imagines. J’ai fait la deuxième meilleur
temps mondial de tous les temps. 48 douze
Comment est ce que je peux faire mieux ? Enfin, je veux dire,
on s’entraîne déjà 4 h par jour. Qu’est ce qu’on peut faire de plus ? Et donc il me dit Bon, attends,
on se revoit dans une semaine, même jour, même heure, on se revoit,
on fait un entretien comme ça, il revient, il a une feuille A3 et en fait,
il avait comparé le record du monde de Peter Van den Hoogenband
et mon meilleur chrono. 48 douze. Il avait tout décortiqué. Le nombre de mouvements, la fréquence,
le nombre de respiration, les chronos, et cetera Tout ça pourra tout simplement
arriver de manière très rationnelle à la conclusion
où, il m’a dit Écoute, ce qui te sépare du record du monde,
c’est un centimètre par mouvement. Si tu es capable de refaire des fameux
48 douze, mais qu’à chaque fois tu vas pousser
un petit centimètre derrière, tu vas chercher l’eau un centimètre devant Et bien ça a toutes les chances
de faire le record du monde en 47 84. Et donc moi ça m’a mis.
Un truc. Accessible. Mais tous les jours,
j’en ai fait une obsession. J’ai dit Ecoute, je ne vais pas faire un centimètre, mais je vais essayer de faire trois centimètres
dans ma tête. Et à chaque mouvement, je te jure que
jamais je grandissaient au maximum. Je me grandissait au maximum
à l’entraînement. Je ne sais pas si c’est ça qui a fait que. Ça peut aider, mais en tout cas. Ça a mis quelque chose de très rationnel
sur un truc où je me disais j’y arriverai jamais. Enfin oui, et ce qui est j’arrive. Jamais à battre un record du. Monde, c’est qu’il a permis
a permis de casser la croyance que c’était impossible et à rendre ça
accessible. De manière rationnelle. En disant Ecoute Alain, c’est un petit
centimètre trop bien et un tous les jours. Je travaille pour un centimètre quoi. Donc quand on est dans cette phase de détails là, bien sûr,
on est sur du sport de très haut niveau. Mais c’était exactement pareil quand
j’avais dix ans, j’allais pas m’entraîner que deux fois par semaine, alors qu’il
y avait quatre sessions d’entraînement. J’y allais les quatre sessions. Donc c’est pas venu du jour au lendemain. Cette rigueur,
elle est venue avec le temps et je m’en rends compte
quand j’ai arrêté ma carrière. En l’espace
d’un mois ou deux, je me suis dit mais comment est ce que j’ai fait
pour faire tout ça ? Quoi ? Aujourd’hui, je ne pourrai plus fin, Je ne peux plus, je ne peux plus nager
deux fois par jour, même si je dis je fais un come back ou quoi ? Non,
ce n’est pas possible. J’ai été au bout du truc. Quoi tu peux raconter justement ? Je me souviens plus laquelle
cède des finales. La finale de. Pékin, Voilà, si tu peux la raconter. Moi, ça m’avait. Ça m’avait touché. J’avais adoré pouvoir la vivre au travers
de tes yeux. Surtout que c’est un beau cadeau. On n’a pas la chance de vivre une finale
tous les jours. Moi, je l’ai jamais vécu. Allez, je vous embarque pour 47 secondes
et 21/100. En fait, ce qu’il faut savoir, c’est
qu’avant avant chaque course,
les nageurs de haut niveau n’utilisent quasiment
pas les vestiaires dans les compétitions. Faut le savoir. En fait, on met une serviette autour
de la taille et on se change comme ça à l’endroit. Je me change. C’est l’espace kiné de l’équipe de France,
c’est à dire où il y a nos tables de massage, nos kinés
et il y a tous nos collègues qui posent leurs affaires ici parce qu’on est proches
du bassin d’échauffement et de récupération qui est un autre bassin
lié à la compétition. OK. On a un petit coin,
un très petit qui doit faire de deux, trois, quatre mètres carrés maxi
le temps de se changer. Sinon, on est un peu entassés
les uns contre les autres. C’est silencieux ou ça. Rigole ou non. Sa vie pas. En fait.
Il y a de la vie, de la vie dans le bassin parce que le bassin est à dix
ou quinze mètres. Et puis les autres se font
masser, racontent leur course. Ils racontent des blagues, des choses
qui n’ont rien à voir avec le sport. Voilà, c’est un moment en même temps
de détente et de concentration. Donc c’est vraiment cet écosystème là. Donc, en France, je mets ma combinaison parce qu’à
ce moment là et combinaison longue. Et puis la musique, je commence à me préparer et je me projette vraiment dans ma course,
même si j’y suis déjà. J’essaie retenir des choses capitales pour la course et je me dirige
vers cette fameuse chambre d’appel. Donc c’est un long dédale de couloirs
qui doit faire, je ne sais pas, à 80 100 mètres. Donc là, on croise beaucoup de monde,
des gens qui sa tête, qui sont déçus de leurs courses, d’autres
qui sont super contents. Et ce qui est génial
dans les Jeux olympiques, c’est quand on voit des des athlètes de toutes les tailles,
de toutes les couleurs, des grands, des musclés, de tout et divorcé. C’est juste génial
que chacun sa chance de s’exprimer là. Et donc,
avant de rentrer dans ce couloir, Denis, mon entraîneur, me dit bon, penser à ça,
essayer de penser au départ. Attention, ta reprise de nage, ton truc, comme il faisait souvent
avant chaque course. Mais là, il allait me donner. J’ai l’impression qu’il allait me donner un peu trop
d’informations et là, je l’arrête. Je lui dis t’inquiète, tu vas te régaler
et je lui fais un clin d’œil et je veux et je me tourne. J’y vais donc. Et là, en fait, et il est resté comme ça,
il a dit mais je lui avais jamais fait ça. Donc tu rentres. Oui, il y a le bruit, j’imagine d’un coup
la qui arrive aussi. Si il y a surtout beaucoup de lumière,
beaucoup de bruit. Puis tu vois cette piscine
avec cette eau plate, limpide ? Tu dis oui,
c’est le calme avant la tempête, quoi. Et Et donc voilà,
on arrive dans cette chambre d’appel et la joie à tous les autres athlètes
qui sont stressés. Il y en a qui sont assis sur des chaises,
il y en a qui sont assis par terre, il y en a d’autres qui sont en train de faire
des exercices qui tiennent pas en place. Moi, je me lève, je m’assois. Je ne tiens pas trop en place non plus. Ton cœur, il est comment à ce moment là ? Mais franchement,
il est hyper serein, Je suis calme tant j’ai ce sentiment d’insouciance où Je n’ai pas l’impression
que je vais vivre une fin olympique. Pourtant, je le sais au plus profond
de moi et en fait, juste avant de partir, le speaker nous appelle
pour aller derrière Plot. On se fait un petit clin
d’œil avec Eamon Sullivan. Avec les autres adversaires,
on se souhaite bonne chance et ça, c’est ça. C’est génial. Bonne chance mec. Soit bon genre que le meilleur gagne
quoi ? C’est pas je vais te bouffer
et cetera C’est juste après quand on monte sur le plat ou dans notre
tête en dix, je veux te bouffer, je. Fais pas ça. Mais juste avant
on lui souhaite bonne chance. Oui, parce qu’on
espère qu’il nous la souhaite aussi et on se dit cette énergie,
il y a un échange d’énergie. À ce moment là, je ne vas pas souhaiter
le pire à ton adversaire. Tu veux gagner à la loyale, quoi. En fait. Et donc ça passe aussi
dans ce comportement là. Et donc là voilà le protocole,
il présente les lignes et là tu enlèves ton survêt, tes baskets,
tu fous tout dans une caisse et il du bon. Allez, on y va,
on y va, on y va aller, on y va. En fait, le protocole de départ
en monte sur le plot, je regarde vraiment ma ligne Et en fait,
quand je me baisse du côté du plot, je vois mon reflet
dans l’eau et c’est ma façon à moi. C’est mon petit rituel
depuis de nombreuses années et je le refait à ce moment là. Allez mec, soit bon, c’est à toi de jouer. Donc c’est une façon pour moi,
c’est pas moi qui vais nager. C’est ce gars là. C’est ce gars
là, dans l’eau à tester ses reflets. Non mais tu penses à des trucs
comme tu dis. C’est complètement débile. En fait, c’est Vraiment toi qui nage,
donc c’est pas à lui. Mais en fait, sur le moment
ça fait énormément de bien. Donc voilà, ça peut être un grigri, ça peut être une habitude et c’est
à ce moment là où tout va commencer. Là, le protocole de départ est donné. À ce moment là,
je me sens extrêmement serein et cet adversaire redoutable
dans mon adversaire direct, Eamon Sullivan,
qui vient de battre mon record du monde six minutes
après que j’ai battu la veille. Donc la pression est à son comble. Mais moi, je suis détendu d’avoir le plot
et je le sens très tendu lui. Et là, je me baisse juste avant le take your mark et là, je sens mes jambes qui tremblent
et je me dis non, c’est pas possible, je ne vais pas tomber dans l’eau
maintenant, c’est pas possible. Et là, le départ est donné,
les automatismes reprennent leur cours. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, un,
deux, trois, quatre, cinq, six mouvements. Je respire, je respire tous les quatre
mouvements jalons, je me fréquences. Je sais que je suis un petit peu derrière mon adversaire,
mais je sais que je vais le reprendre. J’en revienne très vite à sa hauteur. On est déjà à quelques mètres du mur. Il ne faut pas que je rate mon virage. Il ne faut pas que je rate mon approche.
Je garde la fréquence. J’essaie de m’en rouler très rapidement,
de faire trois ondulations avant de reprendre la nage
sans respirer à la Bernard qui passe même juste à côté, démontre. Sullivan prend la deuxième longueur
avec Sullivan, qui accélère maintenant à la Bernard. Et là, je sens qu’on est au coude à coude
et qu’on m’avait dit mon entraîneur. Il m’a dit Tu es au coude à coude à 25 mètres de l’arrivée avec lui,
sache que es plus rapide. Tu as toutes les chances de toucher devant et en fait, au lieu de me sentir dépassé,
je me suis senti en train de revenir sur lui. Donc là, c’est
un sentiment extraordinaire. On arrive dans les 20 derniers mètres
de la course, on est dans les mêmes mouvements,
le même temps. On est en train de vivre un moment unique
dans une vie. C’est une finale olympique. Mais peu importe. Moi, je suis dans l’adversité directe
à ce moment là. Et là, on arrive
dans les quinze derniers mètres et. À chaque mouvement, j’ai
tout des flashes sur toute ma vie. Je vois ma vie défiler. Je vous vois en train d’apprendre à nager.
Je me vois en train de pleurer. Deux mois avant cette finale olympique
au bout du bassin, tout seul, en me disant J’arriverai,
je me revois avec ma famille, avec mes mes amis, dans toutes les situations
complètement différentes. On est à quelques mètres du mur. Je sais qu’il faut que je tente de moi
le plus vite possible. Je tends le bras.
Oh mon Dieu, on a de l’eau. Mais on tourne la tête
et je vois que je suis champion olympique. Et champion olympique
aux Jeux Olympiques à 41. Il est mon père dès le premier tour dans. La vie et là, c’est
un moment extraordinaire, hors du temps. Je me dis juste c’est super,
Je viens de gagner une finale et quatre ou cinq secondes après, je me dis
mais c’est la finale des Jeux Olympiques. Et bien c’est
super, J’atteins, j’atteins mon rêve. En fait, je souhaite juste que ça
dure éternellement. Donc, pris dans le brouhaha, l’euphorie,
je vois ce double champion olympique, Pieter Van
den Hoogenband, qui vient me féliciter, qui vient de terminer
cinquième de cette course. Je félicite mon adversaire direct, Eamon
Sullivan, qui lui est dépité parce qu’il y est. En fait, s’il avait nagé son propre temps,
il aurait été champion olympique. Tous les émotions
que t’as à ce moment là, c’est quoi ? En fait ? C’est de l’euphorie. Moi, c’est de la satisfaction et c’est de
Je suis hors du temps. J’ai de plus pu toucher
terre, d’être en lévitation et en même temps
être pleinement conscient. En fait, de ce moment là, je vois le bonheur que ça procure
dans le clan français, auprès de mon entraîneur,
auprès de mes amis. Ton entraîneur, il est où là ? Je mets très longtemps le retrouver après un moment très rare
parce qu’on part dans le protocole des interviews, devant les télés,
les radios, la presse écrite, et cetera et à la conférence de presse officielle
juste après le podium, donc le podium à l’hymne,
je vois le président de la Fédération française de natation qui arrive
pour me donner un bouquet de fleurs qui est complètement larmes, et cetera
J’ai eu beaucoup, il pleure. C’est comment en ce moment ? Pour toi ? C’est trop rapide ? C’est dix ans, dix ans de travail minimum
qui partent en bras, qui partent aller
en comptant le protocole, tout ça. Une demi heure, 45 minutes quoi. Et en ajoutant Vic, ça dure, dure
une éternité. Quand on voit le bonheur que ça procure. Donc là, tu reçois le bouquet. Après, c’est la. Médaille, c’est la remise de la médaille. Je regarde cette médaille et je te donne. Et puis là, je vois les drapeaux
se lever pendant l’hymne, le plus bel hymne du monde,
avec le plus beau drapeau du monde qui se lève après une finale de 100 mètres
nage libre. Voilà qui l’eût cru. Je veux dire, même moi
Allez, deux ans avant, j’y croyais pas. C’est vraiment le rêve. Là, il est 12 h. Il a pris forme deux ans avant un an
et demi. Je repense à tous ces moments de galère
et je pense que c’est une aventure énorme. Quoi. Là, j’ai vu qu’il y a de l’émotion là
qui a oui, c’est quoi ? L’émotion que tu ressens reparle aujourd’hui ? Et je ne veux pas le cacher,
j’ai énormément de J’ai énormément de fierté
mais je ne l’ai pas volé. Voilà, c’est du travail, du travail
et du travail et c’est du travail parce que j’ai été passionné
par quelque chose et c’est vraiment le maître mot de tout ce que je veux faire
aujourd’hui. C’est à dire que quand on est pensionné
dans la vie, on ne compte pas ses heures. Je rentrais pas chez moi le soir
et je coupe et pas avec la natation parce que je me réveille
au milieu de la nuit, soit d’avoir culpabilisé,
d’avoir fait une mauvaise série, soit du stress de la compétition
qui allait avoir le lendemain. Donc je ne pouvais pas couper. Ça faisait partie de ma vie.
La natation complètement. Donc j’ai pu m’engager pleinement là
dedans et mettre beaucoup de ressources parce que c’était quelque chose
de passionnant, même si c’était très dur. C’est pas la difficulté qui doit freiner
les gens à s’investir dans quelque chose. C’est peut être
la difficulté de construction, mais ce n’est pas
parce que c’est dur physiquement, c’est dur psychologiquement
qu’on doit baisser les bras. Au contraire, il faut s’accrocher. Il faut ne jamais rien lâcher et il faut se dire qu’il
faut en baver pour y arriver. Et encore une fois, comme tu viens de
le dire, c’est parce que tu es passionné que tu es capable
de gérer ce niveau d’adversité. Des difficultés ? Oui, parce que quand on est passionné, je
pense qu’on est capable de se documenter. On est capable de se renseigner
pour avoir sa propre autocritique, qu’elle soit bonne ou pas bonne,
en disant là, c’est bien ce que j’ai fait, je pense que c’est bien où Là,
je pense que je n’ai pas été bon. Comment est ce que je peux faire ? Comment est ce que je fais
dans tous les cas que je sois bon ? Pas bon pour être meilleur. Aujourd’hui,
je nage une minute sur 100 m nage libre. Demain, comment je peux faire pour nager
59 secondes ? C’est exactement la même question
que je me pose quand je nage 47 secondes
et que je veux devenir le premier à nager moins de 47 secondes sur 100 mètres
nage libre. C’est exactement pareil
que quand j’ai douze ans. Cette question là,
je me la pose au même niveau. Qu’est
ce que je peux faire pour être meilleur en tir ?
Merci. Je trouve
que tu dégage beaucoup d’humanité. Ça permet aussi de casser
justement ce cliché. Un peu comment démarré avec ça ? Avec de la machine et de se dire
on peut avoir des doutes, on peut avoir des complexes, on peut avoir
des phases de haut et de baisse. Tu t’entraînes tous les jours
pendant des années avec une passion. Tu peux réaliser des records,
tu peux réaliser des rêves là. Finalement, la natation,
un sport olympique, c’est presque une métaphore
des rêves de chacun. Je trouve ça génial parce que bien sûr,
il y a quelqu’un qui nous écoute, qui est dans une phase de dingue,
qui dure de dire fait ça ne détermine pas le futur. Là, tu peux, entraîne toi, continue,
va chercher ton centimètres. Là, j’ai vraiment aimé ce truc là
parce que il est applicable dans tellement de trucs. Le centimètre. Le centimètre, c’est le symbole
de l’excellence au plus haut niveau. Mais encore une fois, le centimètre,
c’est quelque chose qui peut se décliner à n’importe qui, dans n’importe
quel domaine, tout simplement. Pour être serein comme ça,
quand t’es serein du travail, mieux t’as plus de lucidité,
tu vas être moins énervé, cité en désaccord, et cetera
Parce que j’en ai pas parlé, mais on a eu beaucoup de désaccords
avec mon entraîneur Et la communication,
c’est aussi le nerf de la guerre. Et si on n’avait pas échangé, on aurait été au clash et c’était
la dernière des choses que je souhaitais. Donc, c’est
une de mes plus grandes fiertés. Finalement, c’est d’avoir pu faire tout ça à moins de 200 kilomètres
de là où je suis né. J’ai rencontré cette personne là, on a
accroché, on a partagé cette vie ensemble et on a été au bout du monde,
alors que c’est juste la façon de dire qu’on en a les ressources
proches de notre environnement. C’est vrai que c’est important de préciser
que ce n’est pas commun. Il y a plein d’entraîneurs et sportifs qui clash
à un moment donné de la relation pendant. C’est impossible. Et il y a plein de fans
un peu tristes entre guillemets. Des fois de belles relations et ça clashe
parce qu’il y a trop de stress. La pression et les gens n’arrivent pas
à se comprendre. Et ça, c’est la dernière des choses
qu’on veut. Et d’ailleurs,
on habite assez proches l’un de l’autre, on se voit très souvent
et on encore super. On peut vivre la vie différemment
que notre rôle entraîneur entraîneur. Aujourd’hui, c’est extraordinaire. C’est vraiment une rencontre
d’une vie donnée. C’est une autre victoire. Constance
dans ce que tu décris. Oui, il n’y a pas que le record. Il y a aussi là la victoire humaine
que t’as réussi à créer avec lui. Mais c’est pour ça
qu’on couple avec les émotions. Et je pense que ces émotions,
ils nous ont. Des fois, ça nous a joué des tours,
mais on ne peut pas regretter quoi que ce soit, qu’on ait fait quoi ? Est ce que tu t’es déjà demandé
pourquoi certaines personnes arrivent à connecter si facilement avec les autres, à rapidement créer un climat de confiance
et faire une forte impression ? Perso, j’ai longtemps
cru que c’était question de génétique, mais en réalité non. Pour y arriver, il existe un tas d’outils. Mais il y a un outil parmi les autres
qui se distingue par son pouvoir et quelque part,
sa simplicité, le questionnement. Mais quand je dis les questions,
ce n’est pas n’importe quel type de question, ce que j’appelle
des questions percutantes. De la même manière qu’une clé,
la bonne clé ouvre une porte. Une question qui est bien formulée
Elle permet à l’autre de se sentir écouté, de se livrer, de réfléchir autrement
et de faire une différence dans sa vie. Donc si à ton tour,
tu as envie d’apprendre cet outil et voir comment tu peux l’utiliser dans ton quotidien
pour avoir davantage d’impact et faire une différence
dans la vie des gens, je t’invite à télécharger ce guide
qui est gratuit. Comment poser des questions percutantes
et susciter le déclic chez les personnes que tu accompagne ? Encore une fois, ça peut être tes proches,
ça peut être des clients. Tu vas voir comment poser une question
de sorte qu’elle ait davantage d’impact. Donc je t’invite à le télécharger. C’est juste à cliquer sur le lien. Et tu va pouvoir y accéder dès maintenant
pour pouvoir faire une différence dans la vie
des gens qui sont autour de toi. Moi, il n’y a rien de plus beau. Sincèrement, au détour d’une conversation
avec ma mère ou quelqu’un qui est important pour moi
ou quelqu’un de mes équipes, j’arrive à l’aider
et le débloquer dans sa vie. Grâce à ce guide,
tu vas savoir être la source de déclic chez les personnes avec qui il échange,
t’accompagne. Ce guide, comme je disais, il est offert. Il fait moins d’une trentaine de pages
et a plus de 150 000 personnes ont déjà pu en profiter
et qui, là, en ce moment, sont en train de transformer leurs échanges
au quotidien. Franchement, c’est assez fou. Comment une question permet de créer
des étincelles dans les yeux de quelqu’un. On veut la bonne lecture à toi. .

Déroulement de la vidéo:
3.48 On dit souvent que le sportif est
dans sa bulle. Mais le comédien, le chanteur, le chef d’entreprise,
il est dans sa bulle aussi.
10.96 A un moment donné, tu ne peux pas écouter
tous les conseils de tout le monde.
19.44 Ce n’est pas la difficulté
qui doit freiner les gens à s’investir dans quelque chose. C’est peut être
la difficulté de construction,
24.6 mais ce n’est pas
parce que c’est dur physiquement, C’est dur psychologiquement
qu’on doit baisser les bras. Il faut en baver pour y arriver.
34.76 Mon entraîneur, il m’a dit « Écoute, ce qui te sépare du record du monde,
c’est un centimètre par mouvement. » Tous les jours,
j’en ai fait une obsession.
45.732 La meilleure préparation
pour ne pas stresser, c’est de.
77.403 J’ai changé ma vie
en m’inspirant des gens qui ont poussé les limites du possible dans leur art,
leur sport, leur expertise.
83.12 C’est comme si ça venait parler
au plus profond de moi pour me rappeler ce dont je suis capable, parce que je pense que c’est
tellement facile
88.4 de rentrer dans son train train quotidien
et d’oublier notre potentiel. La plupart des gens
ne se rendent pas compte à quel point ça demande
un niveau d’obsession
94.76 qui est dingue
pour être un athlète de haut niveau et à quel point
les milieux de haute performance dont le sport demande de gérer son mental
parce que sinon, ça ne pardonne pas.
101.84 Et c’est pour ça que je suis content
d’avoir cet échange avec Alain et pouvoir rentrer avec toi dans la tête
d’un médaillé olympique.
107.64 J’ai un profond respect
pour les athlètes de haut niveau et quand je vois
qu’on a de plus en plus de champions qui suivent mon compte à chaque fois,
ça me fait quelque chose.
113.4 Cet épisode spécial
des interviews de sportifs, on en a plein. Mais là, j’ai demandé à Alain
qu’il nous fasse vivre quelque chose d’unique,
de vivre chaque seconde, chaque sensation,
121.84 chaque émotion qu’il a ressentie
lors de l’une de ces finales olympiques. Et pas n’importe laquelle, reste bien
126.92 jusqu’à la fin,
car c’est une expérience à vivre. Ça m’a mis les larmes aux yeux. C’est comme si,
pour la première fois de ma vie, et peut être la seule, j’avais
vécu de l’intérieur une finale olympique.
135.24 Pour Bernard, c’est
une carrière internationale au plus haut niveau, un record du monde,
une victoire aux J.O Et moi,
140.4 ce qui me touche personnellement,
c’est d’où il part. Il était timide, complexé dans sa jeunesse
et il a su se renforcer mentalement.
145.84 Ce qui me touche aussi,
c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a créé l’association à but
non lucratif Paradox Foundation,
151.2 qui dédie son temps pour aider des jeunes
à développer leur confiance en eux, que ce soit par le biais du sport ou non. Dans cet épisode,
156.48 tu vas découvrir comment Alain arrive
à gérer son stress lors de compétitions, comment il s’est préparé mentalement
et comment
161.64 il a appris à se faire confiance
et surtout comment toi aussi tu peux apprendre de ça
pour l’utiliser dans tes propres rêves.
167.52 Prêt à être inspiré et à rentrer
dans la tête d’un champion olympique. Bon. Je
173.96 l’un des premiers souvenirs les plus probants j’ai peut être quatorze
ans, je fais une compétition.
180.36 C’était à Aix en Provence. Je m’en souviens très, très bien
et il y avait un peu d’enjeu par rapport à l’entrainement
que je venais de faire avant.
186.4 Et en fait, j’ai eu un mal de ventre en milieu de journée parce que je stressé
tellement de ma course le soir.
193.2 Je voulais tellement bien faire. Je voulais tellement montrer à
mon entraîneur, à mes parents, à mes amis
198.28 qui étaient là que je voulais bien faire. Et bien que finalement, j’ai dû déclarer
forfait l’après 12 h parce que je me suis rendu malade
à un moment donné.
205.24 Un jour, j’ai
un genre de déclic en étant à domicile, Je viens de me qualifier
sur ma première équipe de France.
210.44 J’ai déjà 23 ans, tu vois et j’ai encore
ces phases de stress quand même. Et donc cette période là, c’est la période
Laure Manaudou qui plonge, qui nage,
218.04 qui bat des records,
qui gagne, qui revient avec des médailles, Je dis mais comment est ce que tu fais
en sorte pour enchaîner courses,
mais pour pas stresser ?
224.4 Et en fait, elle me dit J’arrive derrière le plonge, j’entends
la musique de présentation des nageuses et des nageurs. J’ai envie de danser.
230.4 Je dis mais comment ça
t’as envie de danser ? Il faut nager. Et là, je dis en fait,
elle a vraiment ce recul en disant
236.36 Mais tout ce que tu fais à l’entraînement tous les jours
x années, qu’il fasse beau, qui pleuvent, qu’il y ait du vent qui fasse nuit,
que tu nages dehors, et cetera
243.76 Mais c’est pour vivre un moment derrière
un plateau de départ, sur une course, donc à un moment donné,
249.92 ça doit pas te rendre malade
de faire tout ça parce que tu l’as choisi. Tu vois et c’était ma façon
à moi de dire Ah ouais ?
255.32 OK, je vais essayer d’aller un petit peu
en dilettante, de lâcher la pression parce que je sais qu’au fond de moi,
je suis carré, je suis professionnel
262.8 et je suis méticuleux. Donc une course de natation,
comme un match de tennis, comme un match de foot,
ça reste une création.
268.68 À un moment donné,
il faut une part d’instinct. Il faut une part de légèreté. Il faut une part de fluidité.
275.96 Si on n’a pas cette fluidité, si on n’a
pas cette création, cette spontanéité, on est enfermé dans ce carcan
et on ne peut pas performer.
282.04 Si tu fais pas bien et tu ne fais pas
bien, il faudrait juste savoir d’où ça vient et c’est vraiment
ça sert de décomplexer à ce moment là.
290.88 En tout cas, moi là,
je suis vraiment très content de pouvoir
passer un peu de temps avec toi. Ton histoire, elle m’inspire.
296.4 Ça m’intéresse
de dire qu’on démarre là dessus. Moi, la timidité, le manque de confiance,
c’est un sujet qui me tient très à cœur. J’étais mal dans ma peau,
complexé par mon audience, le sais.
303.96 Mais ça m’intéresse que tu racontes
un petit peu que les jeunes étaient en fait. Quel jeune était alors ?
309.68 J’étais plutôt
je ne peux pas dire un jeune solitaire, quoique jusqu’à un certain âge,
ce que j’ai,
316.96 je pense que c’est on a toutes
et tous une histoire qui, très singulière. Et c’est ça qui est fascinant
dans le monde dans lequel on vit.
322.0 Voilà,
on peut voir des chefs d’entreprise, on peut voir des personnes
réussir ou des champions sportifs.
327.24 On se dit tiens, tout est facile,
tout est beau, tout est rose pour eux, mais ce n’est pas le cas. Néanmoins,
je me plains pas du tout. J’ai deux grandes sœurs qui ont six ans,
ne vendent plus que moi.
335.28 En fait, souvent, elles ont joué ensemble, où
elles sortaient ensemble avec leurs amis,
340.68 leurs copains, et cetera Et moi, j’étais,
entre guillemets, un peu délaissés. Je faisais ma petite vie tout seul,
mais je n’en ai jamais vraiment,
348.36 jamais souffert. Aucunement. Et au contraire, le fait de faire du sport
là où je me sentais pas bien, c’était
355.76 à partir du collège
jusqu’à l’école primaire, et cetera J’avais de très bonnes notes,
c’était très bien classé
362.16 et quand on est arrivé au collège,
en fait, j’arrivais dans cet écosystème
où je ne suis pas du tout senti bien. Et mon échappatoire, c’était le sport.
369.32 Tous les soirs, j’allais m’entraîner,
j’allais nager, je retrouvais mes copains.
376.04 C’est déjà la natation. C’était déjà la natation parce que
j’ai appris à nager très jeune et du coup,
381.24 très bien. J’ai commencé à faire les premiers
entraînements réguliers assez tôt. Donc finalement,
cette soupape de décompression, je l’ai eue à travers le sport.
Et c’est complètement paradoxal
388.96 parce qu’on se retrouvait
quasi à poil en maillot. Je dirais même physiquement.
Je n’aimait pas bien.
395.04 C’était dur pour toi. Début ? Non, parce que l’environnement
dans lequel j’évoluais finalement, tout le monde était comme ça.
400.64 Et il y en a qui étaient plus grandes,
plus minces, d’autres
plus, d’autres plus gros, d’autres voilà.
406.36 Il y a de tout, comme sophrologie. Et en fait, je me sentais super bien
dans cet écosystème. Alors que, à l’école, au collège, en fait,
je me sentais observé, épié,
415.52 traqué, et cetera On. Te faisait des remarques sur ton corps ? Ben oui, parce que je faisais une tête
de plus que tout le monde en fait,
422.32 au même âge. Et donc tu vois, ça n’aide pas. Quand t’es timide, non seulement à assumer, tu te portez bien
droit de bomber le torse.
429.8 Ça ne veut pas dire
je bombe le torse pour bomber le torse. Mais t’as les tendances. Il y a plein de gens qui sont grands,
qui ont tendance à se rabaisser.
435.32 C’est ça, tu sais les épaules qui rentrent
et puis pour essayer deux mètres et en fait tu vas. Juste,
tu ne vois pas quoi en. Réfléchissant, tu dis mais je,
je me descends que de deux centimètres.
444.32 C’est complètement ridicule parce que
tu es grand bien, tu restes grand et. Inconsciemment, envoie un peu un signal de
je ne suis pas dangereux, je suis.
452.64 Moi, c’est ça,
mais non seulement de pas dangereux, mais de dire
en fait je suis comme vous en fait.
457.76 Donc pourquoi est ce que vous me regarder
différemment ? Et cetera
Donc je pense que ces expériences là,
463.92 ces sensations que l’on vit à ces âges là,
vont aussi conditionner tout notre,
469.56 tout notre avenir
et toute notre sensibilité. Si aujourd’hui tu vois, je suis très sensible aux personnes
en situation de handicap, et cetera
479.44 c’est que je n’étais pas du tout
en situation de handicap. Mais je peux presque imaginer me projeter
de ce qu’ils peuvent ressentir.
486.84 Tu vois une personne en fauteuil roulant,
une personne qui vit un accident de la vie, qui est amputé, etc et subissent encore et toujours
des regards très compliqués.
495.12 Aujourd’hui, même si ça a beaucoup évolué
en 20 ans, le. Finalement, j’ai l’impression d’avoir
presque vécu ce qu’ils peuvent ressentir.
503.44 Donc c’est pour ça que je pense que ça
m’a développé cette hypersensibilité sur ces différences.
508.52 Parce que de toute façon,
qu’on le veuille ou non, on est tous différents et c’est ça
qui est fascinant. Et c’est intéressant parce que ça se sent
la sensibilité que tu as.
516.48 Et c’est comme si on avait un cliché
un petit peu du A du champion olympique, qui est une armure métallique,
524.28 qui est une machine
qui n’a pas d’émotions. Et voilà comment, tentant
Quand je t’écoute, je sens l’humain,
529.56 la sensibilité qu’il y a. Quelle influence a eu cette sensibilité
dans ta carrière de champion ? C’était un frein, Ça a été
536.76 un tremplin. Ça a été les deux. Comment ça a commencé à aider ? Moi, je pense que ça a été. Ça a été un frein au début
parce que quand on est hypersensible,
545.4 on prend tout un peu au pied de la lettre.
Et puis on est. On est très vite ému ou désemparé
quand il y a quelque chose
552.12 qui ne se passe pas comme prévu. Et finalement, je ne peux pas le regretter
parce que je crois que émotionnellement, on vit des choses
à travers du sport de haut niveau.
559.8 Et ce type de résultat. T’imagines quand à des médailles,
des records, des Marseillaise, et cetera
565.08 C’est un sentiment de fierté qui décuplée. Donc oui, parfois cette sensibilité
m’a joué des tours parce que
573.88 dans l’émotion,
je n’ai pas réussi à réagir ou j’ai été submergé
et j’en étais presque désemparé.
580.64 À un moment comme ça, où justement,
tu démarres, stressé, je parle, je ne parle pas de la course,
de l’avant course.
585.68 Tu sens que tu es
stressé et que tu as réussi à le descendre.
591.04 Carrément en étant 2010. Championnats d’Europe de Budapest. La préparation terminale ne se passe pas
très bien.
596.2 Je suis crispé les derniers jours,
j’ai du mal à me libérer parce que je me sens aussi cette pression,
un peu, presque la fin de carrière.
603.12 Je sais que si je loupe cette marche là, je vais probablement pas terminer
ma carrière aux Jeux olympiques de Londres,
comme je l’anticipe.
609.04 C’est dur pour un sportif
de trouver cette pression de l’âge. En fait,
notre corps, c’est notre outil de travail.
614.32 Donc au plus on prend de l’âge, au plus
il est un peu rouillé, enroué, il faut. Voilà, On n’est plus aussi performant
à 30 ans qu’à 20 ans.
622.52 Donc on est en 2010 à Budapest. Championnats d’Europe. Je passe le cap
des séries, des demi finales.
627.56 Je me sens vraiment pas bien,
je me torture l’esprit. Je dors pas depuis trois jours.
632.68 Je ne sais pas comment
je vais gérer cette finale. Franchement, je me dis
je vais jamais y arriver. Et là, mon entraîneur,
juste avant de partir,
638.96 tu sais, dans la chambre d’appel,
c’est cette pièce où on se rassemble tous les nageurs
avant d’arriver dans l’eau. Entraîneur Denis Auguin vient me voir.
646.08 Il me dit Alain, c’est pas compliqué,
tu plonge, tu Nash, tu gagnes.
652.28 Le premier réflexe, c’est de dire
Mais attends, tu vois pas que ça fait trois jours
que j’essaie de réfléchir à ça ? Comment est ce que je peux faire ?
657.68 Et en fait en trois mots,
Mais vraiment, je pense que, au lieu de lui répliquer,
ça lui rétorquer Mais tu ne vois pas,
664.2 je n’arrive pas,
je ne trouve pas la solution. Je lui réponds carrément et je lui fais un clin d’œil.
669.68 Et je pars à la chambre d’appel. Et là, je fais ma course
675.12 jusqu’à l’arrivée. Et la victoire aux points ? Oui. Et je gagne pour 2/100 de secondes
devant le deuxième.
681.84 Donc ce qui est génial dans cette histoire
à ce moment là, ça fait quand même douze treize ans qui m’entraîne,
donc on se connaît très très bien.
688.76 Il a su qu’il fallait trois mots
tu plonge, une hache, tu gagnes. Donc voilà, le moment où j’étais
très stressé.
695.88 J’ai réussi à relâcher la pression. Et de dire Bah oui. On fait simple, il faut. Juste
que je fasse ce que je sais faire.
702.4 Ouais, ça j’aime beaucoup et je recrute. On en avait parlé justement
dans la foulée, On avait pu échanger.
710.88 C’était ce truc de se dire Mais en fait,
le jour de la compétition, finalement, je vais faire uniquement ce que j’ai fait
des centaines de fois auparavant.
718.8 C’est ça. Je pense que la meilleure,
la meilleure préparation, enfin, pour ne pas stresser, c’est de travailler
efficacement tous les jours.
727.32 Moi, c’est tombé à l’inverse,
c’est marrant parce que je dis ce que j’aurais aimé
faire, mais j’ai eu du mal parfois,
732.8 je faisais tellement bien tous les jours
que j’en attendait énormément. Le jour J, tu vois de la compétition et
finalement, il fallait que je déstresse.
741.36 À ce moment là, quelqu’un qui ne travaille pas
bien, qui n’arrive pas au bon horaire, qui gère pas ses projets,
son timing, et cetera Le jour où il faut
750.04 rendre le truc devant le boss, et cetera,
il a tous les arguments pour stresser. Tu vois, par contre s’il
fait toutes les choses
755.52 bien, il n’y a pas de raison que le jour-J
ça ne passe pas bien. Et encore une fois l’erreur est humaine
et c’est de ses erreurs.
761.64 C’est de ces échecs que l’on grandit,
que l’on évite de les reproduire, etc. On veut tellement vivre
dans un monde parfait où tout va bien
769.0 ou à travers les réseaux, tout ce qu’on
voit, tout est parfait, tout est nickel. Sauf qu’on
a envie de renvoyer cette image.
775.92 Mais je peux aussi t’assurer
que même les plus grands Instagram, influenceurs, et cetera ils ont forcément
des moments de passage à vide.
783.88 Les sportifs de haut niveau,
c’est exactement le cas. Les chefs d’entreprise, c’est le cas. Tout le monde a des passages à vide
maintenant.
790.24 Moi, j’ai l’impression d’aujourd’hui,
quand j’ai des passages à vide, d’être peut être plus armés que si je n’avais pas
fait du sport de haut niveau
796.08 parce que j’étais tellement allé
dans mes retranchements jour après jour. Pendant des années, des années,
et que je pense
802.56 pouvoir gérer un peu mieux
une situation inconfortable aujourd’hui. Que quelqu’un qui n’a pas vécu ça,
807.76 ça ne veut pas dire que tout est rose,
Tout est beau tous les jours. Pour moi et tu as des souvenirs un peu symboliques
pour toi auxquels tu te raccroche.
815.32 Tu appuies tu maintenant
pour te dire à temps ? En fait, j’ai pu faire ça,
je peux faire ce truc là. Ouah ! Mais tout est une question
823.08 d’envie et d’engagement. Je sais que j’étais capable de faire ça dans le sport
parce que je me suis engagé à 100 %.
828.56 Aujourd’hui, je ne vais pas risquer de
de faire des projets complètement fous parce que je m’en sent pas l’énergie
et j’en ai pas envie.
835.6 Je pense que ce n’est pas le bon timing
qui est une question d’organisation aussi, dans notre vie, personne,
Elle est professionnelle à agencer.
843.28 Je suis à un moment de ma vie
où je ne peux pas me dédier à 100 % dans mon travail. Voilà, j’ai
décidé de dédier un petit peu plus
850.4 à ma famille, mes amis, à mes proches,
à ma femme, à ma fille. Et le temps viendra peut être.
856.8 Si je m’engage dans un projet,
je m’engage pleinement, donc je ne peux pas espérer
avoir des attentes professionnelles
862.8 si en face,
je ne me met pas les moyens au quotidien. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas
rigoureux dans ce que je fais. Au contraire, il y a un temps pour tout,
un temps pour le travail,
869.52 un temps pour la détente,
un temps pour la famille. Trop bien, c’est clair. Et en plus,
la vie d’un sportif de haut niveau
874.8 a eu tellement d’intensité
pendant des années. Ça fait sens d’avoir envie d’aller
explorer à d’autres choses. Mais en fait, ça fait sens.
880.64 Mais je connais un peu le coût énergétique
que cela engendre parce qu’entre nous, j’ai beau
essayer de l’expliquer, je pense qu’on est
891.24 en étroit a pouvoir comprendre comment est ce qu’on
en a bavé tous les jours. C’est Denis,
mon entraîneur Denis Auguin, Boris
897.92 Timothy
qui était mon partenaire d’entraînement à Antibes, avec qui j’ai fait
les Jeux Olympiques en 2008 dans le roller et moi en fait,
on en été ce trio,
905.08 même si on évoluait dans un groupe à l’entraînement,
dans une structure de haut niveau. Moi, je partageais ma vie à l’époque
avec une athlète de très haut niveau
912.24 et je pense que même elle, à ce moment là,
n’étais pas capable de ressentir la difficulté,
la détresse, parfois,
919.08 dans laquelle je me trouvais
alors que j’étais recordman du monde. Champion olympique. C’était quoi la source de la plus grosse
détresse pour toi à cette époque là ?
926.6 Je pense était de me dire
je n’arriverai jamais. J’arriverai
jamais à atteindre cet objectif là, à la fin de l’année,
d’être champion du monde ou d’être
934.52 champion d’Europe ou d’être
premier à telle course, et cetera. Et pour essayer de bien te ressentir, ressentir ce que tu dis,
Qu’est ce qui crée le plus de détresse ?
943.2 Je pense que c’est l’incompréhension. C’est à dire que ce qu’on ressent
physiquement à l’entraînement, la fatigue,
948.96 la fatigue nerveuse, la fatigue physique,
la fatigue psychologique, le débordement d’informations
que notre entraîneur nous envoie,
955.8 les exercices que l’on n’arrive
pas à faire. Donc on vit ça comme un échec. Et finalement,
quand on réussit à faire quelque chose,
961.8 on se dit j’aurais pu faire mieux,
j’imagine. Il m’a demandé de faire dix poissons
en une minute.
967.76 Eh bien oui, en effet, 9 à 59 secondes. Et puis le dernier, j’ai fait une minute
zéro un.
973.96 C’est un échec maintenant. Sauf que t’as fait 90 % du travail
qui est bon et c’est de voir en fait l’échec et le truc dans chaque truc
que je fais qui me dit mais.
983.6 Tu te focaliser
uniquement sur ce que tu ratais ? J’avais l’impression de ne pas y arriver
malgré les malgré les. Donc ça, c’est très difficile à expliquer,
non seulement aux personnes extérieures
992.72 au monde du sport,
mais même au sein même de notre sport, parce qu’il y a que nous ressentons
ce qu’on fait et en fait
998.4 le truc, ça a été dire ok, arrête,
arrête de te torturer l’esprit, quoi ! Enfin, si t’as fait ça,
c’est déjà que tu l’as fait.
1005.0 Il y en a plein
d’autres qui ne l’ont pas fait. Donc essaie de voir le verre
à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.
1010.64 En fait. Comment c’était la ? Parce que dans le sport de haut niveau,
il y a non seulement la tentation, potentiellement,
de se comparer à d’autres sportifs,
1017.8 il y a les médias qui qui en rajoute
une couche. C’était comment pour toi
la comparaison avec les autres sportifs ?
1024.6 Ce n’est pas à moi de juger ma comparaison
avec les autres sportifs en termes de notoriété, de visibilité,
et cetera Moi, j’ai fait de la natation
1032.04 depuis tout petit parce que j’aimais ça,
parce que j’aimais progresser. J’ai pu me fixer un objectif
et ce qui me donnait tous les jours
1038.0 de la semaine ou du mois
et des petites choses à faire. J’avais des petites choses à faire
le soir, à l’entraînement.
1044.2 J’avais des petites choses à faire. Quand j’ai commencé à m’entraîner
deux fois par jour et le matin et le soir. Donc il fallait que je sois rigoureux.
1049.84 Et finalement, ça, ça a conditionné
mon train de vie, mon équilibre. Et puis, quand il y a eu
cette explosion médiatique en 2007 2008,
1057.56 j’ai vu ça d’un côté comme une aubaine
en me disant Oh, mais c’est cool parce que je vais enfin commencer
à bien gagner ma vie,
1065.2 ne serait ce qu’à gagner
ma vie tout court, mais à bien gagner ma vie
alors que pendant dix ans, j’ai galéré.
1070.4 Ça, je ne veux pas me leurrer. C’est aussi un
une satisfaction de la réussite. Mais le revers de la médaille, c’est
qu’on va m’attendre au tournant
1078.2 à chaque compétition. Quand je vais dans la rue,
quand je vais faire mes courses un jour au restaurant, on me reconnaît,
et cetera C’est gratifiant,
1085.08 mais à un moment donné, j’ai moins de vie privée,
j’ai moins de moments perso, et cetera alors que j’aime bien passer incognito,
et cetera
1092.16 Donc finalement c’est
la gestion de tout ça et je parler des revenus de mes partenaires,
des sponsors que je signe, et cetera
1098.48 Ils me demandent des sollicitations
une fois, deux fois, trois fois dans le mois, dans l’année,
peu importe, et cetera Et de l’autre côté,
1104.12 mon entraîneur veut pas me lâcher
un entraînement. On s’entraîne dix fois, 2 h par semaine
1109.16 dans l’eau, on fait trois séances
de 1 h 30 de musculation. Il y a le ostéo, il y a le kiné, il y a la prépa physique,
il y a tout ça à mélanger.
1116.16 Donc le temps libre pour faire ses interviews,
ses shooting photo, ses pubs, et cetera.
1121.24 C’était dur pour toi
d’arbitrer entre les deux ? C’était impossible. Enfin, oui, je l’ai très très mal vécu ça.
1127.2 Et ça a été très compliqué avec mon
entraîneur parce que lui, il était dans. Son rôle au sommet de la notoriété. En un an, je me rends pas compte un deal.
1134.4 Financièrement,
ça peut représenter combien ? Une opportunité,
ça peut présenter combien ? C’est dérisoire comparé au monde du foot.
1139.84 C’est extraordinaire comparé à d’autres sports amateurs,
mais plus centré en quoi que ce soit. Et il peut y avoir un contrat d’image
à entre 80 et 100 000 € l’année
1148.32 pour une marque. Et qui va te prendre combien de temps ? Eh bien en soi ça prend pas beaucoup,
mais c’est ça plus ça, plus ça.
1156.64 Cette marque peut être va me prendre,
je ne sais pas. Six jours, huit, huit jours, dix
jours dans l’année, mais c’est dix jours.
1163.12 Où ta journée dans l’eau. Elle commence à 7 h,
elle finit à 10 h et demie, 11 h le matin et tu reprends à 2 h et demie
3 h pour finir à 18 h.
1171.88 Donc tu vois cette plage là ? Une a mangé ta fille ?
Mi grossesse de 20 minutes. Il te reste pas beaucoup de temps.
1177.2 Donc En fait, ce que je faisais souvent, c’est
que le mercredi après 12 h, c’était la. Journée. Du jour de repos
et des fois je sortais de l’entraînement.
1184.84 11 h, je filé l’aéroport,
je prenais un avion, je faisais des interviews, des médias,
des trucs, des shooting, et cetera
1190.32 Je rentrais le soir à 23 h
et le lendemain repartaient 140 comme si de rien n’était. Et sauf que mes collègues d’entraînement,
eux, se sont reposés.
1198.44 Ils ont fait une bouffe,
sont allés au cinéma. Donc finalement,
je n’ai pas le droit de me plaindre parce que encore une fois, je gagne
très bien ma vie à ce moment là
1206.12 et ça fait partie du deal. Mais de l’autre côté, j’ai un entraîneur qui est dans son rôle,
son rôle,
1211.76 c’est que moi, je progresse, c’est
que je continue de progresser et donc trouver cet équilibre. C’est là où j’ai eu un avocat,
un agent qui ont fait un petit peu tampon
1219.12 et que les deux dernières années,
on a travaillé avec un préparateur mental pour m’aider à mettre de l’ordre
dans toutes ces cases.
1225.04 En fait, c’est
un peu comme ça me fait marrer, mais je vois ce meuble là derrière,
c’est des cases dans ma tête et des fois,
1230.48 il y a des trucs qui sont trop plein,
des trucs qui sont trop vite. C’est bien répartir
et prioriser les tâches, et cetera.
1236.2 Comment il était aidé de son préparateur
mental ? C’était quoi qui était le plus aidant ? Raconte une autre type.
1242.28 En fait, ce qui est bien, c’est qu’il
y me voyait individuellement le préparateur mental et voyez individuellement mon entraîneur
parce qu’en fait,
1248.88 on avait de plus en plus de mal
à communiquer. On voulait aussi tellement bien faire
dans nos tâches respectives que pour dire
1254.96 la même chose,
on ne parlait plus le même langage. Et en fait, notre préparateur
mental nous a un peu servi. Je vulgarise, mais il nous a un peu
servi de traducteur, en fait,
1263.44 en disant
Mais Alain, il faut que tu sois bon. Oui mais Denis, moi je suis fatigué. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit.
1269.44 J’ai fait ça, j’ai la fatigue nerveuse,
et cetera Et donc mon préparateur mental me faisait faire ses pas
et des dessins, il me faisait ailleurs,
1277.16 Je les ai retrouvé dans mon déménagement. C’est génial. En fait,
qu’est ce que tu aimerait faire ? Me faire extérioriser
des choses positives ?
1282.48 Dans quel endroit tu te sens bien ? Là, je repense à un endroit
dans la nature, dans les Hautes Alpes que j’adore.
1288.8 J’avais fait un pique nique
avec ma famille, j’avais vu un grand arbre
dans une prairie. Pour moi,
c’était le sentiment de bien être absolu.
1296.24 Il avait décidé. Que je le dessiner. Le réutiliser dans le quotidien des soins,
je le réutiliser pas.
1302.24 Mais le fait de l’avoir mis à plat,
que ce soit oralement ou ou par des dessins, en fait, ça me rappelait
cette sensation que j’avais ce jour là.
1311.72 J’avais les odeurs, j’avais la lumière,
tu vois, j’avais les sons, et cetera C’était extraordinaire.
1317.84 Et ça, par exemple,
la veille d’une compétition où l’idée. C’est de s’en servir pour l’utiliser.
1323.6 L’idée,
c’est de se servir de cette image là et en même temps de me dire Mais dans le monde où je suis,
je suis tellement stressé
1329.2 tout que j’aimerais trop
être à cet endroit là. Et du coup, je me disais bon, allez, en guise de récompense,
tu dois faire une bonne course,
1335.24 rajouter de la pression pour aller
profiter de cette tente pour y aller. Donc en fait, oui, ça m’a.
1341.72 Ça nous a déjà beaucoup aidé. Entre mon entraîneur et moi et moi,
ça m’a beaucoup aidé en disant écoute tout façon,
tout ce que t’as fait, c’est déjà génial.
1349.2 Maintenant, c’est que du bonus. T’as déjà fait une olympiade,
t’as déjà fait des records du monde ? Donc oui, il te reste
deux ou trois ans à tirer.
1356.36 Il faut tout faire pour aller
connaître ces Jeux Olympiques de Londres. Parce que terminer sa carrière sur des Jeux olympiques,
c’est quelque chose d’extraordinaire.
1362.56 Voilà ce que je souhaite à tout le monde
et qui plus est sur une médaille d’or en équipe, et cetera Qui
1367.68 Pour moi, l’équipe
m’a permis d’intégrer l’équipe de France. La boucle a été bouclée. Il y avait une nouvelle génération
qui arrivait.
1373.68 Je pouvais partir
complètement serein, quoi ? Raconte justement la veille Où.
1378.72 J’ai entendu. Je pense que ça, c’est un exemple extrême de préparation mentale
avec Phelps, je crois.
1384.84 Alors
je ne sais pas à quel point c’est romancé. Mais est ce qu’il
avait beaucoup de stress, je crois. Quand il était enfant.
1390.84 Il était surtout hyperactif.
Michael Phelps. Ses parents l’ont inscrit à la natation
puisque c’est un des sports les.
1397.84 Je ne veux pas dénigrer les autres sports,
loin de là. Je ne connais pas, mais c’est un sport
qui est très énergivore, la natation,
1403.68 parce qu’on est dans l’eau,
que si on se met dans l’eau sans bouger, on dépense des calories sans rien faire
parce qu’il y a un échange
1409.56 thermique, et cetera Donc en plus,
on rajoute de l’effort et ça ça nécessite. Ouais, ça nécessite d être tout le temps,
tout le temps disponible et cetera.
1416.64 À quoi donc
ça peut jouer sur la fatigue nerveuse ? Et et quand tout le monde l’a déjà vécu,
Quand on est fatigué, quand on est épuisé,
1424.88 on a plus de recul,
on fait des tâches de manière entre guillemets automatique
et c’est pour ça que la natation,
1430.12 entre guillemets,
c’est aussi rébarbatif au quotidien. On s’entraîne deux fois par jour
pour que le jour de la compétition, on n’est pas à penser à rentrer nos mains
comme ça, notre coude allongé,
1438.24 notre bras, notre épaule, tourner la tête
pour respirer totalement automatiquement. En fait, c’est ancré des automatismes
1443.64 et donc ça nécessite
un entraînement quotidien. Mais des fois,
dans cet entraînement quotidien, on n’a plus de raisonnement rationnel,
quoi.
1450.72 A un moment donné, on est, on est usés,
on est usé en 2 h le matin en Rhône-Alpes, 2 h le soir, le lendemain matin,
le demain soir donc.
1459.8 C’est pour ça
que le cas de Michael Phelps, le fait qu’il soit hyperactif,
ça l’a canaliser. Ça l’a permis de se sublimer
dans ce sport.
1467.04 Je sais qu’en donner,
je crois qu’il mène un bouquin sur un peu l’autohypnose
et il va créer un concept de cassette.
1474.2 Et après ? Je crois que c’est un truc qui va faire très souvent
de visualiser une scène, je ne sais plus.
1479.36 Et puis les détails arrivent, ça. Vient,
mais ça, c’est encore une fois. C’est une méthode qui lui est propre à lui
et c’est ça qui est génial.
1485.72 S’il avait été avec moi
ou avec Frédérick Bousquet ou avec Laure Manaudou, peut être ça
l’aurait branché.
1491.96 Et je pense qu’il a trouvé nos clés
qui nous correspondent à un moment donné.
1497.0 Et donc c’est ça que je voulais voir. Qu’est ce qui a marché pour toi ? La veille, j’aimerais, mais moi, un peu dans ta dans ta peau
et dans ta tête à certains moments.
1505.12 Le fait d’écouter de la musique,
et cetera c’était ça suffisait. Mon petit truc, c’est
quand j’arrivais sur une compétition.
1512.0 Je ne connaissais pas les lieux, Je m’asseyais dans les gradins, en fait
la toute première fois à la piscine
1517.64 et j’observais à gauche, à droite,
je m’imprégner de cette ambiance et j’essaie de faire comme à la maison,
c’est à dire me sentir bien, essayer de
1527.12 plutôt
que d’arriver, de passer par un endroit et regarder de manière un peu furtive
quelque chose où Je me sens un peu épié.
1534.56 Ouais, c’est clair. Ou ça me ramène dans ma période d’ado
en me disant à pied, là je suis observé, et cetera en même temps
et tout.
1540.68 Tu te l’approprie avant. En fait, c’était une des choses qui fonctionnait bien,
c’était de m’approprier cet environnement.
1547.16 Ça, ça me parle à fond. Même moi,
je vois que des fois, pour une conférence qui va me stresser, le fait d’aller
dans le lieu avant voir la salle, ça
1555.28 ça évite que le cerveau limbique se mette
en mode stress au moment où tu rentres. C’est ça, tu te dis tout cela vide
où tu assiste à la salle,
1562.64 enfin à quelque chose
quand la salle est pleine. Moi, idéalement vide, ça me permet d’être
1568.44 serein, il n’y a pas d’enjeu. Ce qui est génial, c’est c’est le sentiment de l’inconnu en fait,
qui nous permet d’appréhender.
1574.52 C’est pour ça que les souvenirs,
les ancrages que l’on peut créer
1579.56 ou auxquels on peut
se raccrocher, c’est forcément au passé. Ce sont des images,
ce sont des sensations, tandis que ce qu’on fait là,
ce qu’on va faire demain, après demain,
1587.6 c’est quelque chose d’inconnu. Et c’est
là où cet excès de confiance en soi. Mais c’est pas grave une interview,
j’en ai déjà fait des conférences,
1593.72 On a déjà fait une course dans un bassin,
j’ai déjà fait et ça ne veut pas dire qu’on en a acquis pour toute une vie
parce que on évolue, on grandit.
1603.2 On a cette sensibilité aussi qui évolue
et parfois on est moins performant et ça, c’est assez difficile à accepter.
1608.52 Quand on a, on a le souci du détail,
on ne veut pas rater quoi que ce soit. Moi, je sors d’une conférence comme je
sortais d’un entraînement, d’une course.
1616.6 Eh bien, je ne suis pas content. Je me suis dit j’ai pas été bon. D’autres fois, je me dis je pense avoir
été bon et on me dit a été pas trop bon,
1624.44 donc finalement de cas subjectifs. Et voilà. Donc toute là, c’est pas comme une course, il n’y a pas un chrono qui qui objective.
1631.72 Tout le monde est d’accord sur un chrono.
C’est ça le chrono. Et c’est pour ça que j’ai aimé
ce sport. D’ailleurs, on en a pas parlé. Mais pourquoi j’ai aimé la natation ?
Parce que c’est hyper rationnel.
1639.08 C’est le premier qui touche au mur
qui gagne. C’est pas une question de jury qui
va mettre, c’est pas comme le six quatre.
1644.2 Le patinage artistique. Ou la. Danse a. Des trucs comme ça. Où tu dis n’admettant mettant a été
trop fort, est ce que tu nous fais là ?
1650.6 Et ça je pense que j’aurais pas supporté. Donc c’est quelque chose aussi qui
m’a donné envie de m’engager là dessus. Maintenant, il y en a d’autres
1656.32 qui qui aiment les choses de notations
et qui veulent essayer de moi. J’aurais pu faire. Pareil.
1663.44 Ça aurait été horrible de devoir être. Sur une conférence à la fin. Si on devait avoir une note, tu dis. J’aimerais oui, c’est une bonne question,
mais par exemple,
1673.04 alors la limite, c’est tout le monde. C’est différent d’un jury
pour moi, je. Pense, oui, c’est vrai. Je pense que c’est
un peu plus représentatif, une assemblée.
1681.52 Mais voilà. Il y a un côté un peu plus objectif
dans le fait que ça soit plus large. Mais par exemple,
si j’avais quatre là, je détesterais.
1687.12 Il y avait quatre experts
en prises de paroles ou sur mon sujet qui aiment évaluer la fin.
Je pense que je déteste ça.
1693.08 Et pourtant, il y aura des choses
bien à tirer, forcément. Mais c’est sûr que de base,
c’est moins le truc qui me.
1699.04 Parce que justement, le fait d’être,
ce n’est pas pareil d’avoir un feedback, ça,
j’apprécierais d’avoir un feedback. Mais quand il y a une évaluation faite
par des personnes, par des pairs, du.
1707.56 Coup, c’est stressant. Ça voudrait dire qu’il y a un coup en fait,
et ça peut même tronquer notre échange.
1714.24 En fait, s’il y a quelqu’un
qui est à côté, qui nous juge à la fin et c’est pour ça que, en fait, il faut en
être conscient de cet environnement,
1721.04 mais on ne peut pas en faire
notre abstraction totalement. On dit souvent
le sportif est dans sa bulle, et cetera
1726.72 Mais le comédien, le chanteur, le chef
d’entreprise, il est dans sa bulle aussi.
1731.8 A un moment donné, tu ne peux pas écouter
tous les conseils de tout le monde. Il faut que tu choisisse entre entre
1738.44 blanc ou noir,
A ou B pour être serein avec toi même. Parce que si tu te dis, je choisis A,
puis en fait l’autre qui m’a parlé de B.
1745.44 Mais alors, c’est vrai,
si je l’avais écouté, qu’est ce que j’ai en fait
tout ce temps de réflexion là ? Il n’est pas dédié à un temps personnel
de se dire OK, j’ai choisi.
1754.56 Et puis je vais faire
comme si je vais faire comme ça. Je vais dérouler mon truc. Ça ne veut pas dire que j’ai raison ou tort,
mais au moins je suis serein avec moi même
1760.52 et je parlais tout à l’heure de Twitter,
de cette fluidité. Enfin, je sais pas
libérer un peu les chakras, Voilà faire
1767.84 qu’entre l’intention et la réalisation,
il y a moins d’obstacles possibles. Et dans ma carrière, c’est des moments comme ça que je retiens,
qui sont extraordinaires.
1775.68 Où quand je nage, des fois, j’ai presque
l’impression d’être spectateur de moi même en me disant en retard,
tu arrives à faire ça m’a dit
1782.0 essaie de faire ça,
d’allonger un peu plus le bras. Ça marche tout de suite,
alors que des fois, j’étais bloqué. L’effort à faire ça.
1788.0 OK, oui, mais t’as oublié de pousser fort
derrière, et cetera. Qu’est ce qui a permis de rentrer
dans ce que tu ça du flot ?
1795.04 Ouais, on peut l’appeler Duflot,
je sais pas, mais c’est moi. Je pense qu’il y a des moments aussi dans
1800.72 et dans des vies comme ça ou
quand tu travailles au bout d’un moment. Et je prends souvent cet exemple.
1806.16 Quand j’ai battu
mon premier record du monde à Eindhoven en 2008, depuis des années, j’avais plein de petites pièces de puzzle
en 3D et en fait, j’ai réussi.
1814.4 Enfin, ce jour là à bien les emboîter,
à bien assembler tout ça. J’avais plein de petites compétences,
mais qui est un peu désordonné.
1821.36 Et pourquoi à ce moment là, comme ça,
maintenant, dans cet endroit ? A ce temps là, j’arrive à faire ça.
1828.36 Je ne saurais pas le dire parce que je
sais, je courais après depuis des années. En fait, pourquoi à ce moment là,
je fais ça et finalement je fais.
1835.12 J’ai l’impression de faire un plus bel
édifice parce que je suis plus armé. Si j’avais fait mes trois
petits bouts de briques, je ne sais pas
1842.0 cinq ans ou dix ans avant,
j’aurais été fier de ce petit truc. Mais là, c’est quand même
un record du monde.
1848.64 Et je me disais c’est beaucoup, beaucoup,
beaucoup de travail et en même temps,
ça n’a jamais été aussi facile.
1855.56 C’était commun d’avoir ce record du monde. C’est quoi le moment qui
est le plus fort pour toi à ce moment là.
1861.68 Et à un moment un peu surréaliste et à
un autre moment où je me dis enfin quoi ! Enfin, enfin, parce que.
1868.48 Tu, tu déjà, tu le sais
quand tu as fait le record du monde. En fait. C’est vraiment au moment
où on touche le mur et en fait on se retourne
et on voit sur le panneau d’affichage
1876.92 notre nom,
notre ligne et le chrono en face.
1884.0 Et en fait, à ce moment là,
il y a tout en haut du tableau. Sur chacune des courses, il y a le temps de référence
du record du monde de la course concernée.
1891.6 Donc moi c’était 47 84. Le record du monde de Peter Van den
Hoogenband, de Le Hollandais à l’époque
1898.88 était double champion olympique
et en dessous, je vois mon temps. 47 60. Là, je dis mais attends, mais c’est quoi
qui est plus grand ?
1904.52 C’est 65 84. Alors moi j’ai fait
84, lui fait 60 ou c’est moi à temps.
1909.6 Je dis et puis là, en fait je réalise. Mais c’est un truc de dingue. Et j’entends l’euphorie de la piscine. Et
1920.04 tu vois ça combinaison avec une petite.
1926.16 Et à ce moment là, tu arrives à voir des visages,
tu vois des t’es trop loin, tu vois ? Oui, je vois les visages,
on voit le clan français.
1934.04 Non, mais ce qui est génial, c’est
que si je bat le record du monde chez lui à Eindhoven, où il y a que des spectateurs
hollandais mais qui applaudissent,
1942.2 enfin tu vois et je me dis
et c’est des moments extraordinaires. Et encore une fois,
c’est un moment hyper facile.
1949.96 Mais parce qu’avant ça,
il y a eu des moments hyper compliqués. Ça c’est intéressant,
ça s’applique à tellement de sujets.
1956.44 Tu crois que tu galères ? Tu galères ? Michaëlis à chercheur sur le flow
et donc le flow. Ça arrive au croisement de t’as rassemblé,
comme tu disais, toutes les compétences
1964.8 dont tu avais besoin et en même temps
à un challenge qui est vraiment élevé mais pas trop élevé,
qui est la bonne dose par.
1970.4 Rapport à ce qui est trop élevé, qui n’arrivera jamais et en même temps
Ah oui, non, mais c’est exactement ça. Et il dit souvent à une phase
un peu de struggle with où tu galères
1978.56 et il y a un truc qui lache, un peu
comme la personne qui à sa feuille blanche et qui arrive pas. Il y arrive pas.
1984.4 Il y avait pas mal à les compétences et d’un coup boum le truc qui lache
et elle rentre dans un forme de flow quoi.
1989.48 Je pense que l’une des erreurs
en fait ce serait d’aller le chercher volontairement ce flow en fait.
1994.68 Et à chaque fois
on vient un ancien champion de très très haut niveau,
un nageur de très haut niveau
2000.16 qui s’appelle Alexander Popov,
qui était le prédécesseur recordman du monde à l’époque
et qui disait qu’un record, ça
2007.24 soit un record personnel ou un record du monde,
ça doit tomber comme un fruit mûr. Et ça, ça m’a maso. Ça a souvent résonné.
2013.08 Je dis ça, ça arrive à ce moment là. Si ça arrive trop tôt,
ça veut dire que c’est pas abouti.
2018.76 Mais en fait, tu cherches pas le record. Tu cherches à être le meilleur
à ton entraînement, à faire le max que tu peux au bout d’un an à force
de cumuler ça et tu fais un record.
2027.28 Moi je ne l’ai pas fait,
j’ai pas fait d’obsession de ce record. En fait, j’ai juste raconter une anecdote
parce que c’est quand même
2035.12 quand même génial celle là. C’est qu’en 2007, donc l’année
juste avant ce record du monde, je nage de 48 douze qui est le meilleur,
le deuxième meilleur temps
2044.16 qui n’ait jamais été fait
à ce moment là au monde. 48 douze sur 100 mètres
nage libre se passe l’été.
2049.2 On a trois ou quatre semaines de vacances,
on fait la reprise. Et toi, avec mon entraîneur. Et puis là, j’ai aimé Écoute Denis,
2054.4 Je me revois tout
gamin où j’apprends à nager et t’imagines. J’ai fait la deuxième meilleur
temps mondial de tous les temps.
2059.44 48 douze
Comment est ce que je peux faire mieux ? Enfin, je veux dire,
on s’entraîne déjà 4 h par jour. Qu’est ce qu’on peut faire de plus ?
2065.8 Et donc il me dit Bon, attends,
on se revoit dans une semaine, même jour, même heure, on se revoit,
on fait un entretien comme ça, il revient,
2072.84 il a une feuille A3 et en fait,
il avait comparé le record du monde de Peter Van den Hoogenband
et mon meilleur chrono.
2078.84 48 douze. Il avait tout décortiqué. Le nombre de mouvements, la fréquence,
le nombre de respiration, les chronos,
2084.28 et cetera Tout ça pourra tout simplement
arriver de manière très rationnelle à la conclusion
où, il m’a dit Écoute, ce qui te sépare
2090.12 du record du monde,
c’est un centimètre par mouvement. Si tu es capable de refaire des fameux
48 douze,
2096.52 mais qu’à chaque fois tu vas pousser
un petit centimètre derrière, tu vas chercher l’eau un centimètre devant Et bien ça a toutes les chances
de faire le record du monde en 47 84.
2104.88 Et donc moi ça m’a mis.
Un truc. Accessible. Mais tous les jours,
j’en ai fait une obsession. J’ai dit Ecoute,
2110.16 je ne vais pas faire un centimètre, mais je vais essayer de faire trois centimètres
dans ma tête. Et à chaque mouvement, je te jure que
jamais je grandissaient au maximum.
2117.56 Je me grandissait au maximum
à l’entraînement. Je ne sais pas si c’est ça qui a fait que. Ça peut aider, mais en tout cas.
2124.12 Ça a mis quelque chose de très rationnel
sur un truc où je me disais j’y arriverai jamais. Enfin oui, et ce qui est j’arrive.
2130.24 Jamais à battre un record du. Monde, c’est qu’il a permis
a permis de casser la croyance que c’était impossible et à rendre ça
accessible.
2137.36 De manière rationnelle. En disant Ecoute Alain, c’est un petit
centimètre trop bien et un tous les jours.
2143.16 Je travaille pour un centimètre quoi. Donc quand on est dans cette phase de détails là, bien sûr,
on est sur du sport de très haut niveau.
2149.56 Mais c’était exactement pareil quand
j’avais dix ans, j’allais pas m’entraîner que deux fois par semaine, alors qu’il
y avait quatre sessions d’entraînement.
2156.76 J’y allais les quatre sessions. Donc c’est pas venu du jour au lendemain. Cette rigueur,
elle est venue avec le temps
2162.88 et je m’en rends compte
quand j’ai arrêté ma carrière. En l’espace
d’un mois ou deux, je me suis dit mais comment est ce que j’ai fait
pour faire tout ça ? Quoi ?
2169.76 Aujourd’hui, je ne pourrai plus fin, Je ne peux plus, je ne peux plus nager
deux fois par jour, même si je dis
2175.84 je fais un come back ou quoi ? Non,
ce n’est pas possible. J’ai été au bout du truc. Quoi tu peux raconter justement ?
2182.56 Je me souviens plus laquelle
cède des finales. La finale de. Pékin, Voilà, si tu peux la raconter.
2187.6 Moi, ça m’avait. Ça m’avait touché. J’avais adoré pouvoir la vivre au travers
de tes yeux. Surtout que c’est un beau cadeau.
2193.52 On n’a pas la chance de vivre une finale
tous les jours. Moi, je l’ai jamais vécu.
2199.36 Allez, je vous embarque pour 47 secondes
et 21/100.
2206.16 En fait, ce qu’il faut savoir, c’est
qu’avant avant chaque course,
les nageurs de haut niveau n’utilisent quasiment
pas les vestiaires dans les compétitions.
2212.12 Faut le savoir. En fait, on met une serviette autour
de la taille et on se change comme ça
2217.48 à l’endroit. Je me change. C’est l’espace kiné de l’équipe de France,
c’est à dire où il y a nos tables de massage, nos kinés
et il y a tous nos collègues qui posent
2224.92 leurs affaires ici parce qu’on est proches
du bassin d’échauffement et de récupération qui est un autre bassin
lié à la compétition. OK.
2232.48 On a un petit coin,
un très petit qui doit faire de deux, trois, quatre mètres carrés maxi
le temps de se changer.
2238.48 Sinon, on est un peu entassés
les uns contre les autres. C’est silencieux ou ça. Rigole ou non. Sa vie pas.
2246.4 En fait.
Il y a de la vie, de la vie dans le bassin parce que le bassin est à dix
ou quinze mètres. Et puis les autres se font
masser, racontent leur course.
2253.48 Ils racontent des blagues, des choses
qui n’ont rien à voir avec le sport. Voilà, c’est un moment en même temps
de détente et de concentration.
2259.84 Donc c’est vraiment cet écosystème là. Donc, en France, je mets ma combinaison parce qu’à
ce moment là et combinaison longue.
2267.16 Et puis la musique, je commence à me préparer et je me projette vraiment dans ma course,
même si j’y suis déjà.
2274.04 J’essaie retenir des choses capitales pour la course et je me dirige
vers cette fameuse chambre d’appel.
2279.96 Donc c’est un long dédale de couloirs
qui doit faire, je ne sais pas, à 80 100 mètres.
2287.48 Donc là, on croise beaucoup de monde,
des gens qui sa tête, qui sont déçus de leurs courses, d’autres
qui sont super contents.
2294.96 Et ce qui est génial
dans les Jeux olympiques, c’est quand on voit des des athlètes
2300.12 de toutes les tailles,
de toutes les couleurs, des grands, des musclés, de tout et divorcé.
2307.84 C’est juste génial
que chacun sa chance de s’exprimer là. Et donc,
avant de rentrer dans ce couloir, Denis,
2314.08 mon entraîneur, me dit bon, penser à ça,
essayer de penser au départ. Attention, ta reprise de nage, ton truc,
2320.36 comme il faisait souvent
avant chaque course. Mais là, il allait me donner. J’ai l’impression qu’il allait me donner un peu trop
d’informations et là, je l’arrête.
2327.76 Je lui dis t’inquiète, tu vas te régaler
et je lui fais un clin d’œil et je veux et je me tourne. J’y vais
2334.24 donc. Et là, en fait, et il est resté comme ça,
il a dit mais je lui avais jamais fait ça.
2339.76 Donc tu rentres. Oui, il y a le bruit, j’imagine d’un coup
la qui arrive aussi. Si il y a surtout beaucoup de lumière,
beaucoup de bruit.
2348.64 Puis tu vois cette piscine
avec cette eau plate, limpide ? Tu dis oui,
c’est le calme avant la tempête, quoi. Et
2360.88 Et donc voilà,
on arrive dans cette chambre d’appel et la joie à tous les autres athlètes
qui sont stressés. Il y en a qui sont assis sur des chaises,
il y en a qui sont assis par terre,
2367.56 il y en a d’autres qui sont en train de faire
des exercices qui tiennent pas en place. Moi, je me lève, je m’assois.
2373.36 Je ne tiens pas trop en place non plus. Ton cœur, il est comment à ce moment là ? Mais franchement,
il est hyper serein, Je suis calme tant
2381.52 j’ai ce sentiment d’insouciance où Je n’ai pas l’impression
que je vais vivre une fin olympique.
2386.56 Pourtant, je le sais au plus profond
de moi et en fait, juste avant de partir, le speaker nous appelle
pour aller derrière Plot.
2397.52 On se fait un petit clin
d’œil avec Eamon Sullivan. Avec les autres adversaires,
on se souhaite bonne chance
2403.12 et ça, c’est ça. C’est génial. Bonne chance mec. Soit bon genre que le meilleur gagne
quoi ? C’est pas je vais te bouffer
et cetera C’est juste après
2410.56 quand on monte sur le plat ou dans notre
tête en dix, je veux te bouffer, je. Fais pas ça. Mais juste avant
on lui souhaite bonne chance.
2416.72 Oui, parce qu’on
espère qu’il nous la souhaite aussi et on se dit cette énergie,
il y a un échange d’énergie.
2422.28 À ce moment là, je ne vas pas souhaiter
le pire à ton adversaire. Tu veux gagner à la loyale, quoi. En fait.
2429.04 Et donc ça passe aussi
dans ce comportement là. Et donc là voilà le protocole,
il présente les lignes et là tu enlèves
2434.92 ton survêt, tes baskets,
tu fous tout dans une caisse et il du bon. Allez, on y va,
on y va, on y va aller, on y va.
2445.36 En fait, le protocole de départ
en monte sur le plot, je regarde vraiment ma ligne Et en fait,
quand je me baisse
2451.6 du côté du plot, je vois mon reflet
dans l’eau et c’est ma façon à moi. C’est mon petit rituel
depuis de nombreuses années
2457.2 et je le refait à ce moment là. Allez mec, soit bon, c’est à toi de jouer. Donc c’est une façon pour moi,
c’est pas moi qui vais nager.
2464.8 C’est ce gars là. C’est ce gars
là, dans l’eau à tester ses reflets. Non mais tu penses à des trucs
comme tu dis.
2470.16 C’est complètement débile. En fait, c’est Vraiment toi qui nage,
donc c’est pas à lui. Mais en fait, sur le moment
ça fait énormément de bien.
2476.2 Donc voilà, ça peut être un grigri, ça peut être une habitude et c’est
à ce moment là où tout va commencer.
2482.0 Là, le protocole de départ est donné. À ce moment là,
je me sens extrêmement serein
2487.36 et cet adversaire redoutable
dans mon adversaire direct, Eamon Sullivan,
qui vient de battre mon record du monde six minutes
après que j’ai battu la veille.
2494.04 Donc la pression est à son comble. Mais moi, je suis détendu d’avoir le plot
et je le sens très tendu lui.
2499.52 Et là, je me baisse juste avant le take your mark
2509.04 et là, je sens mes jambes qui tremblent
et je me dis non, c’est pas possible, je ne vais pas tomber dans l’eau
maintenant, c’est pas possible.
2514.68 Et là, le départ est donné,
les automatismes reprennent leur cours.
2522.56 Un, deux, trois, quatre, cinq, six, un,
deux, trois, quatre, cinq, six mouvements. Je respire, je respire tous les quatre
mouvements jalons, je me fréquences.
2529.96 Je sais que je suis un petit peu derrière mon adversaire,
mais je sais que je vais le reprendre. J’en revienne très vite à sa hauteur.
2536.24 On est déjà à quelques mètres du mur. Il ne faut pas que je rate mon virage. Il ne faut pas que je rate mon approche.
Je garde la fréquence.
2542.32 J’essaie de m’en rouler très rapidement,
de faire trois ondulations avant de reprendre la nage
sans respirer à la Bernard qui passe même
2550.24 juste à côté, démontre. Sullivan prend la deuxième longueur
avec Sullivan, qui accélère maintenant
2555.88 à la Bernard. Et là, je sens qu’on est au coude à coude
et qu’on m’avait dit mon entraîneur. Il m’a dit Tu es au coude
2561.4 à coude à 25 mètres de l’arrivée avec lui,
sache que es plus rapide. Tu as toutes les chances de toucher devant et en fait, au lieu de me sentir dépassé,
je me suis senti en train
2569.68 de revenir sur lui. Donc là, c’est
un sentiment extraordinaire. On arrive dans les 20 derniers mètres
de la course,
2574.84 on est dans les mêmes mouvements,
le même temps. On est en train de vivre un moment unique
dans une vie.
2580.0 C’est une finale olympique. Mais peu importe. Moi, je suis dans l’adversité directe
à ce moment là. Et là, on arrive
dans les quinze derniers mètres et.
2586.12 À chaque mouvement, j’ai
tout des flashes sur toute ma vie. Je vois ma vie défiler. Je vous vois en train d’apprendre à nager.
Je me vois en train de pleurer.
2592.28 Deux mois avant cette finale olympique
au bout du bassin, tout seul, en me disant J’arriverai,
je me revois avec ma famille, avec mes
2598.52 mes amis, dans toutes les situations
complètement différentes. On est à quelques mètres du mur. Je sais qu’il faut que je tente de moi
le plus vite possible.
2605.0 Je tends le bras.
Oh mon Dieu, on a de l’eau. Mais on tourne la tête
et je vois que je suis champion olympique.
2612.28 Et champion olympique
aux Jeux Olympiques à 41. Il est mon père dès le premier tour dans.
2619.24 La vie et là, c’est
un moment extraordinaire, hors du temps. Je me dis juste c’est super,
Je viens de gagner une finale et quatre
2625.76 ou cinq secondes après, je me dis
mais c’est la finale des Jeux Olympiques. Et bien c’est
super, J’atteins, j’atteins mon rêve. En fait, je souhaite juste que ça
dure éternellement.
2634.08 Donc, pris dans le brouhaha, l’euphorie,
je vois ce double champion olympique, Pieter Van
den Hoogenband, qui vient me féliciter,
2642.4 qui vient de terminer
cinquième de cette course. Je félicite mon adversaire direct, Eamon
Sullivan, qui lui est dépité parce qu’il
2648.56 y est. En fait, s’il avait nagé son propre temps,
il aurait été champion olympique. Tous les émotions
que t’as à ce moment là, c’est quoi ?
2654.4 En fait ? C’est de l’euphorie. Moi, c’est de la satisfaction et c’est de
Je suis hors du temps. J’ai de plus pu toucher
terre, d’être en lévitation
2662.08 et en même temps
être pleinement conscient. En fait, de ce moment là,
2667.4 je vois le bonheur que ça procure
dans le clan français, auprès de mon entraîneur,
auprès de mes amis.
2673.16 Ton entraîneur, il est où là ? Je mets très longtemps le retrouver après un moment très rare
parce qu’on part dans le protocole
2678.92 des interviews, devant les télés,
les radios, la presse écrite, et cetera et à la conférence de presse officielle
juste après le podium,
2685.68 donc le podium à l’hymne,
je vois le président de la Fédération française de natation qui arrive
pour me donner un bouquet de fleurs
2691.68 qui est complètement larmes, et cetera
J’ai eu beaucoup, il pleure.
2698.12 C’est comment en ce moment ? Pour toi ? C’est trop rapide ? C’est dix ans, dix ans de travail minimum
qui partent
2705.36 en bras, qui partent aller
en comptant le protocole, tout ça. Une demi heure, 45 minutes quoi. Et
2713.56 en ajoutant Vic, ça dure, dure
une éternité. Quand on voit le bonheur que ça procure. Donc là, tu reçois le bouquet.
2720.2 Après, c’est la. Médaille, c’est la remise de la médaille. Je regarde cette médaille et je te donne.
2726.28 Et puis là, je vois les drapeaux
se lever pendant l’hymne, le plus bel hymne du monde,
avec le plus beau drapeau du monde
2731.68 qui se lève après une finale de 100 mètres
nage libre. Voilà qui l’eût cru. Je veux dire, même moi
Allez, deux ans avant, j’y croyais pas.
2739.48 C’est vraiment le rêve. Là, il est 12 h. Il a pris forme deux ans avant un an
et demi.
2744.64 Je repense à tous ces moments de galère
et je pense que c’est une aventure énorme.
2749.72 Quoi. Là, j’ai vu qu’il y a de l’émotion là
qui a oui, c’est quoi ? L’émotion que tu ressens reparle
2756.72 aujourd’hui ? Et je ne veux pas le cacher,
j’ai énormément de J’ai énormément de fierté
mais je ne l’ai pas volé.
2763.72 Voilà, c’est du travail, du travail
et du travail et c’est du travail parce que j’ai été passionné
par quelque chose et c’est vraiment
2770.72 le maître mot de tout ce que je veux faire
aujourd’hui. C’est à dire que quand on est pensionné
dans la vie, on ne compte pas ses heures.
2776.08 Je rentrais pas chez moi le soir
et je coupe et pas avec la natation parce que je me réveille
au milieu de la nuit,
2781.52 soit d’avoir culpabilisé,
d’avoir fait une mauvaise série, soit du stress de la compétition
qui allait avoir le lendemain.
2787.44 Donc je ne pouvais pas couper. Ça faisait partie de ma vie.
La natation complètement. Donc j’ai pu m’engager pleinement là
dedans et mettre beaucoup de ressources
2796.04 parce que c’était quelque chose
de passionnant, même si c’était très dur. C’est pas la difficulté qui doit freiner
les gens à s’investir dans quelque chose.
2802.2 C’est peut être
la difficulté de construction, mais ce n’est pas
parce que c’est dur physiquement, c’est dur psychologiquement
qu’on doit baisser les bras.
2807.84 Au contraire, il faut s’accrocher. Il faut ne jamais rien lâcher et il faut se dire qu’il
faut en baver pour y arriver.
2814.84 Et encore une fois, comme tu viens de
le dire, c’est parce que tu es passionné que tu es capable
de gérer ce niveau d’adversité.
2820.76 Des difficultés ? Oui, parce que quand on est passionné, je
pense qu’on est capable de se documenter.
2826.36 On est capable de se renseigner
pour avoir sa propre autocritique,
2831.68 qu’elle soit bonne ou pas bonne,
en disant là, c’est bien ce que j’ai fait, je pense que c’est bien où Là,
je pense que je n’ai pas été bon.
2837.52 Comment est ce que je peux faire ? Comment est ce que je fais
dans tous les cas que je sois bon ? Pas bon pour être meilleur.
2843.4 Aujourd’hui,
je nage une minute sur 100 m nage libre. Demain, comment je peux faire pour nager
59 secondes ?
2849.64 C’est exactement la même question
que je me pose quand je nage 47 secondes
et que je veux devenir le premier à nager
2855.88 moins de 47 secondes sur 100 mètres
nage libre. C’est exactement pareil
que quand j’ai douze ans. Cette question là,
je me la pose au même niveau.
2862.36 Qu’est
ce que je peux faire pour être meilleur en tir ?
Merci. Je trouve
que tu dégage beaucoup d’humanité.
2868.48 Ça permet aussi de casser
justement ce cliché. Un peu comment démarré avec ça ? Avec de la machine et de se dire
on peut avoir des doutes,
2875.04 on peut avoir des complexes, on peut avoir
des phases de haut et de baisse. Tu t’entraînes tous les jours
pendant des années avec une passion.
2883.24 Tu peux réaliser des records,
tu peux réaliser des rêves là. Finalement, la natation,
un sport olympique,
2888.88 c’est presque une métaphore
des rêves de chacun. Je trouve ça génial parce que bien sûr,
il y a quelqu’un qui nous écoute, qui est dans une phase de dingue,
qui dure de dire fait
2896.68 ça ne détermine pas le futur. Là, tu peux, entraîne toi, continue,
va chercher ton centimètres.
2902.0 Là, j’ai vraiment aimé ce truc là
parce que il est applicable dans tellement de trucs. Le centimètre. Le centimètre, c’est le symbole
de l’excellence au plus haut niveau.
2910.04 Mais encore une fois, le centimètre,
c’est quelque chose qui peut se décliner à n’importe qui, dans n’importe
quel domaine, tout simplement.
2915.88 Pour être serein comme ça,
quand t’es serein du travail, mieux t’as plus de lucidité,
tu vas être moins énervé,
2923.08 cité en désaccord, et cetera
Parce que j’en ai pas parlé, mais on a eu beaucoup de désaccords
avec mon entraîneur Et la communication,
c’est aussi le nerf de la guerre.
2930.04 Et si on n’avait pas échangé, on aurait été au clash et c’était
la dernière des choses que je souhaitais. Donc, c’est
une de mes plus grandes fiertés.
2936.4 Finalement, c’est d’avoir pu faire tout ça à moins de 200 kilomètres
de là où je suis né. J’ai rencontré cette personne là, on a
accroché, on a partagé cette vie ensemble
2945.76 et on a été au bout du monde,
alors que c’est juste la façon de dire qu’on en a les ressources
proches de notre environnement.
2953.68 C’est vrai que c’est important de préciser
que ce n’est pas commun. Il y a plein d’entraîneurs et sportifs qui clash
à un moment donné de la relation pendant.
2960.04 C’est impossible. Et il y a plein de fans
un peu tristes entre guillemets. Des fois de belles relations et ça clashe
parce qu’il y a trop de stress.
2967.48 La pression et les gens n’arrivent pas
à se comprendre. Et ça, c’est la dernière des choses
qu’on veut. Et d’ailleurs,
on habite assez proches l’un de l’autre,
2974.56 on se voit très souvent
et on encore super. On peut vivre la vie différemment
que notre rôle entraîneur entraîneur.
2981.72 Aujourd’hui, c’est extraordinaire. C’est vraiment une rencontre
d’une vie donnée. C’est une autre victoire. Constance
dans ce que tu décris.
2987.56 Oui, il n’y a pas que le record. Il y a aussi là la victoire humaine
que t’as réussi à créer avec lui. Mais c’est pour ça
qu’on couple avec les émotions.
2994.6 Et je pense que ces émotions,
ils nous ont. Des fois, ça nous a joué des tours,
mais on ne peut pas regretter
3000.0 quoi que ce soit, qu’on ait fait quoi ?
3015.64 Est ce que tu t’es déjà demandé
pourquoi certaines personnes arrivent à connecter si facilement avec les autres, à rapidement créer un climat de confiance
et faire une forte impression ?
3023.28 Perso, j’ai longtemps
cru que c’était question de génétique, mais en réalité non. Pour y arriver, il existe un tas d’outils. Mais il y a un outil parmi les autres
qui se distingue par son pouvoir
3031.4 et quelque part,
sa simplicité, le questionnement. Mais quand je dis les questions,
ce n’est pas n’importe quel type de question, ce que j’appelle
des questions percutantes.
3039.04 De la même manière qu’une clé,
la bonne clé ouvre une porte. Une question qui est bien formulée
Elle permet à l’autre de se sentir écouté,
3045.52 de se livrer, de réfléchir autrement
et de faire une différence dans sa vie. Donc si à ton tour,
tu as envie d’apprendre cet outil
3051.4 et voir comment tu peux l’utiliser dans ton quotidien
pour avoir davantage d’impact et faire une différence
dans la vie des gens,
3056.76 je t’invite à télécharger ce guide
qui est gratuit. Comment poser des questions percutantes
et susciter le déclic
3062.32 chez les personnes que tu accompagne ? Encore une fois, ça peut être tes proches,
ça peut être des clients. Tu vas voir comment poser une question
de sorte qu’elle ait davantage d’impact.
3069.96 Donc je t’invite à le télécharger. C’est juste à cliquer sur le lien. Et tu va pouvoir y accéder dès maintenant
pour pouvoir faire une différence
3076.08 dans la vie
des gens qui sont autour de toi. Moi, il n’y a rien de plus beau. Sincèrement, au détour d’une conversation
avec ma mère ou quelqu’un
3081.88 qui est important pour moi
ou quelqu’un de mes équipes, j’arrive à l’aider
et le débloquer dans sa vie. Grâce à ce guide,
tu vas savoir être la source de déclic
3088.8 chez les personnes avec qui il échange,
t’accompagne. Ce guide, comme je disais, il est offert. Il fait moins d’une trentaine de pages
et a plus de 150 000 personnes ont déjà pu
3095.84 en profiter
et qui, là, en ce moment, sont en train de transformer leurs échanges
au quotidien. Franchement, c’est assez fou. Comment une question permet de créer
des étincelles dans les yeux de quelqu’un.
3104.28 On veut la bonne lecture à toi.
.
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